Ennéagramme, caractère et névrose ou typologie et psychologie

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Ennéagramme, caractère et névrose ou typologie et psychologie

13 décembre 2017 ennéagramme 4

Claudio Naranjo (2012) – photo: Bormes les M. (2013)

Si vous voulez découvrir l’Ennéagramme, ce livre n’est pas fait pour vous. Pour rentrer en profondeur, il est excellent.

L’Ennéagramme est un outil de typologie dynamique, alliant un principe simple et symétrique (utilisable par tous). Mais dont la différentiation interne est complexe (pour ceux qui veulent approfondir), et qui place la motivation dans le premier plan dans la relation interpersonnelle. La motivation est exclue de l’interprétation factorielle ordinaire (MBTI, Big 5, Disc, …).

Ennéagramme et psychologie

Ici, l’ennéagramme se revendique comme une approche psychologique, mais pas celle académique (DSM, …). En premier lieu, le Dr Naranjo est médecin, psychiatre, psychothérapeute et gestaltiste. Il a enseigné l’ennéagramme au Chili et en Californie et a formé indirectement Helen Palmer qui a démocratisé l’Ennéagramme avec Robert Ochs (Université de Chicago – doctrine catholique).

A cet égard, l’ennéagramme aujourd’hui aux Etats Unis est enseigné dans différentes universités (liste). De surcroît, il est reconnu en France par Pole emploi (CPF) dans les formations de coaching ou enseigné à HEC.

Les idées de Sheldon (et les 3 feuillets originels de l’embryon humain) ou la loi du trois de Gurdjieff (force positive, négative et neutralisante) = trinités et triplicités.

En bref, l’identification de la passion et de la fixation dominantes sont les clefs de voûte. Ainsi au centre de chaque caractère se trouvent en relation réciproque, une forme de motivation par déficience et une erreur cognitive. (Georges Klein 1917-1971-cognitice concepts: awareness, peremptory ideation, and intentionality. David Shapiro 1926 (and not Francine 1948-EMDR). Ellis 1913-2007-père des TCC. Beck 1921-père de l’approche cognitive: schémas cognitifs, pensées automatiques, triades cognitives en 1976).

En ce qui concerne Naranjo, il regrette qu’un des types « 3 » soit absent du DSM IV-TR (et sous-tend une explication … américaine) et qu’un autre soit si pauvrement reflété dans les troubles de la personnalité. Néanmoins la corrélation entre les troubles de la personnalité du DSM IV et l’ennéagramme n’est pas un hasard.

Les mécanismes de défense

Les mécanismes de défense ou les différentes façons de maintenir l’inconscience. La névrose comme théorie comprise entre une recherche et une perte d’Etre. Le caractère étant animé par une motivation « passionnelle » spécifique, les 9 passions constituent autant de façons de chercher l’être (9 illusions qui perpétuent l’obscurcissement ontologique – à opposer à la théologie ou la métaphysique). Le noyau de la névrose n’est-il pas caractérologique! Le caractère constituant la forme la plus fondamentale de défense. D’après David Shapiro, la personnalité réagit contre elle-même.

Dégradation de la conscience

Théorie de la névrose

Telle que l’individu affecté ne s’en rend pas compte. Il ne sait pas que le développement complet de son potentiel a été limité ou a avorté. Ce n’est pas seulement une chute de la conscience mais aussi une dégradation de la qualité de notre vie émotionnelle et de notre motivation. La motivation a la qualité de la déficience, comme le désir de compléter un manque.

Il semblerait que les psychanalystes modernes considèrent l’origine de la névrose dans un maternage imparfait, et plus généralement dans des problèmes de parentalisation. La névrose est un phénomène quasi universel, transmis de génération en génération à travers le processus de parentalisation. Un enfant choyé par sa mère à l’aurore de sa vie sera sûrement mieux préparé pour affronter une situation traumatique d’un « paternage » pauvre. Nous sommes comme la graine d’une plante qui porte en elle certaines potentialités et qui attend instinctivement la présence dans son environnement de certains éléments, comme une bonne terre, de l’eau et du soleil.

L’investissement des parents dans leurs propres centres d’intérêts peut être vécu par l’enfant comme un abandon. Alors que dans d’autres cas, une trop grande attention portée par les adultes est ressentie comme une invalidation de ses propres expériences. Dans ce contexte, la vie n’est donc pas guidée par l’instinct, mais par la persistance d’une stratégie précoce d’adaptation, concurrente de l’instinct. Un type d’apprentissage aboutissant à une fixation particulière ou une rigidification de la conduite, en tant que réponse d’urgence. L’individu n’est plus libre, car il a mis le « pilote automatique« . C’est cette fixation de réponses obsolètes et la perte de capacité à répondre de façon créative dans l’instant présent qui caractérise le mieux le fonctionnement psychopathologique.

Motivation Déficiente

On va parler de motivation déficiente, et dans l’ennéagramme cela correspond à la « passion« . A cette motivation est associé un préjugé cognitif (la fixation). Derrière la multiplicité des motivations humaines, il y a 3 instincts et objectifs qui sont: la survie, le plaisir et la relation (conservation-sexuel-social).

En parvenant à surmonter sa passion, l’ennéatype évolue vers son état « d’intégration » (il évolue en bien), mais s’il y succombe, il évolue vers son état de « désintégration« 

 

La dynamique de l'Ennéagramme

Il existe ainsi 9 caractères, avec chacun 3 variantes (les sous-types). 9 passions dominantes possibles, associées à 9 distorsions cognitives caractéristiques, ainsi qu’à 1, 2 ou 3 caractéristiques instinctives. Ces 9 caractères correspondent à un « squelette » mental que nous partageons tous, qui peut rompre comme un cristal, sur 1 des 9 lignes prédéterminées, en fonction de facteurs constitutionnels et situationnels.

Les ailes: en nous situant que sur le terrain des passions, chacune d’elles peut être comprise comme un hybride de ses 2 voisines. Les 9 caractères se situent sur un cercle, et représentent l’apogée d’une dominance. Mais sur ce cercle on peut se situer à mi-distance entre 2 points. Ainsi le 7 est influencé par la peur du 6 (peur du déplaisir). Comme le 8 par le 9 et la paresse (évitement de l’intériorité)

Les flux internes: Le triangle représenté par les sommets 3,6 et 9 qui se situent respectivement entre des polarités, tristesse et joie, réserve et expression, amoralité et hyper-moralité. De même le caractère du type précédent pointe dans chaque type de la suite 1, 4, 2, 8, 5, 7 et 1.

En plus des relations de voisinage et de flux interne, représentées par les lignes de l’Ennéagramme, on trouve des lignes d’opposition. L’axe I et V, l’axe IV et VIII, l’axe II et VII, l’axe III et VI, l’axe I et VIII, l’axe II et VII.

Motivation déficiente (passion) et déformation cognitive (fixation)

Bien que la dégradation émotionnelle se fonde sur une déformation cognitive occulte (fixation), c’est bien une motivation déficiente (pulsion) qui constitue la première manifestation du processus de dégradation dans la plus tendre enfance.

La névrose devient un conditionnement, ou la vision existentielle conduit à une inauthenticité d’être et une mauvaise foi, bases de la pathologie. La fixation n’étant qu’une sorte de rationalisation de la passion correspondante. Il existe un certain degré de mentalisation, une conviction occulte que c’est ainsi que l’on doit vivre. Ce sont des pensées, celles d’un enfant, écloses dans la douleur et la panique, qu’il est nécessaire de réviser.

Les 9 Ennéatypes

L’ennéatype I:

sent qu’il ne faut pas se fier aux impulsions naturelles mais les contrôler, et que le devoir est plus important que le plaisir.

L’ennéatype II:

a la croyance que tout est permis au nom de l’amour. Il est parvenue à penser et croire que l’émotion est plus importante que la raison. Cette idée est en cohérence avec le fait que dans cette vie il faut être séducteur. Il est donc légitime de manipuler les autres.

Pour l’ennéatype III,

le sentiment habituel est que le monde est un théâtre où tous les gens font semblant. Simuler est donc la seule manière d’obtenir du succès. De cela dérive la pensée que les sentiments véritables ne doivent pas s’exprimer. La fausse idée que le seul moyen d’avoir de la valeur est le succès. Il faut donc surveiller ce qui se passe. Sans cette vigilance les choses iraient mal. Et il n’y a pas de place pour celui qui n’est pas utile.

Le préjugé le plus fou pour le type IV

est la notion implicite qu’en révisant le passé et en se lamentant sur lui, il sera possible de le changer. Il a aussi l’idée fausse que plus le besoin est grand, plus on a le droit d’être aimé. Plus je souffre, plus je suis noble. Le préjugé le plus manifeste étant le sentiment de ne pas être aussi bon que les autres.

Une conviction typique de l’ennéatype V

est « mieux vaut ne compter que sur soi« . Avec le sentiment que moins on est compromis, plus il y a de liberté et de bonheur possibles. Avec l’idée que les gens sont mus par leur propre intérêt et que leur amour n’est qu’apparent. Ainsi il vaut mieux avoir peu de besoins pour ne pas dépendre de rien ni de personne.

Pour l’ennéatype VI

les idées fausses les plus patentes dépendent du sous-type. Ainsi le sentiment de l’évitant est d’être incapable de se débrouiller avec ses propres ressources. Alors que le contra-phobique a recours à l’autorité, comme garantie de sa propre sécurité. Chez tous, néanmoins, « il faut se méfier des gens et douter de ses propres intuitions et désirs ».

Pour l’ennéatype VII,

le fait de se sentir bien et de vouloir sentir cela chez les autres est exagéré (le perpétuel optimiste). Pour lui, rien n’est totalement interdit pour cet « auto-indulgent ». Car il a le sentiment que l’autorité est mauvaise et que celui qui est malin peut faire ce qu’il veut.

La vision du type VIII

est celle d’un champ de bataille où les forts gagnent et les faibles perdent. L’ennéatype VIII vante donc la force de savoir se débrouiller tout seul. Il sous-estime le besoin. Il sent qu’il n’est pas mal de causer de la souffrance à l’autre si c’est pour satisfaire son propre besoin. Car il persiste chez lui la rancœur de l’époque où c’était son tour de souffrir pour la satisfaction des autres.

 

L’ennéatype IX

Il sent et pense que moins il y a de conflits, mieux c’est. Il convient de ne pas trop penser pour éviter de souffrir. Il est mieux de se laisser mourir que de risquer d’être assassiné.

« Ne fais pas de vagues ».

 

Chaque style personnel comporte bien un préjugé cognitif avec le sens implicite que ceci est la meilleure façon d’être.

L’idée centrale de ce livre est que nous cherchons tous la clef au mauvais endroit (Théorie Nasrudin).

Le facteur fondamental qui constitue la racine de toutes les passions (motivation déficiente) est une soif d’être. Soif d’être qui coexiste avec une perception confuse de la perte du sentiment d’être.

 

 

4 réponses

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