Le leader de demain – 2020

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Le leader de demain – 2020

15 octobre 2019 psychologie 0

Nous pouvons devenir un leader plus éthique et inspirant en réduisant notre propension à attendre des individus qu’ils fonctionnent exactement comme nous l’entendons. L’être humain est une source de créativité inégalée, et non une liste d’imperfections à améliorer.

Adapté de « Manager en pleine conscience – Lise Peillod-Book et Rébecca Shankland »

Il est inutile de se fâcher contre la montagne lorsque vous ne pouvez plus avancer. Il est inutile de ressasser la malchance. L’acceptation consiste à percevoir ce qui est là, sans chercher à juger si cela est bon ou mauvais, puis à s’appuyer sur les ressources en présence pour continuer son chemin.

Cet article et le livre attenant portent sur la pleine conscience qui s’appuie sur les dernières avancées en psychologie sociale et cognitive, mais aussi sur des méthodes traditionnelles comme la méditation. L’objectif est simple ; développer un mieux-être au travail dans un environnement où l’incertitude et la complexité croit sans cesse.

Une 1ère conceptualisation consiste à voir le changement comme une épreuve au cours de laquelle le rôle des managers et des dirigeants est de concocter un plan, établir un planning , puis conduire le changement tout en faisant face aux nombreuses résistances du personnel.

En réalité, les individus ne résistent pas au changement. Ils résistent au fait que le changement soit imposé aussi bien dans le contenu que dans sa forme. Jusqu’à présent, le management s’appuyait sur un schéma de résolution de problèmes. Or comme le disait Einstein « on ne peut résoudre un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré ». 

Est-il possible d’élaborer un processus de changement s’appuyant sur l’ensemble du personnel ? 

Oui, en étant un nouveau leader. Le leader de demain.

La pleine conscience

Bien que cette pratique soit issue du bouddhisme, elle a trouvé il y a une trentaine d’année des applications en thérapie cognitive (stress, rechute dépressive) avant d’être étendue comme bien souvent au monde entrepreneurial. L’appellation « pleine conscience » est la traduction française de mindfulness en anglais, désignation de Jon Kabat-Zinn, pionner de cette pratique.

La pleine conscience est une approche désignant une attitude d’attention, de présence et de conscience, qui peut être interne (sensations, pensées, émotions…) ou externe (bruit, objets, événements…).

L’idée est de diriger son attention avec flexibilité, ouverture et curiosité. Cela contraste avec notre tendance à fuir et à repousser ce qui nous parait désagréable ou déroutant. La pleine conscience nous amène à accueillir l’expérience, même si celle-ci peut-être désagréable. C’est ce qu’on appelle l’acceptation. Elle se distingue clairement de la résignation, car le but est d’aller délibérément au contact de la réalité puis d’agir.

La pleine conscience requiert la capacité à focaliser son attention sur l’instant présent, l’acceptation et le non-jugement, la capacité à lâcher-prise (faire le test) et la conscience élargie. Ce qui consiste à considérer que le soi n’est pas la somme de nos pensées, de nos émotions et de nos sensations, mais bien plus.

Les entreprises américaines telles que Google, Facebook, Cisco ou LinkedIn ont été pionnières dans le développement de ses pratiques. Plus récemment en France, des entreprises comme l’Oréal, GDF Suez, Siemens, KPMG ou Volvo s’intéressent de près au sujet. En effet, la pleine conscience agit sur 3 dimensions essentielles dans les organisations ; les relations sociales, les compétences permettant de faire face aux situations difficiles et les processus de prise de décision et de performance.

Les bases du leader qui sont et seront toujours nécessaires

Un leadership attentif et orienté vers le bien-être grâce à l’intelligence émotionnelle (identifier vos compétences émotionnelles).  C’est-à-dire savoir identifier et comprendre ses émotions, savoir les exprimer et les réguler. Mais aussi identifier et comprendre les émotions d’autrui. Ce qui veut dire savoir écouter puis agir sur les émotions d’autrui.

Les compétences de ce leadership sont au nombre de 7.

Quand on parle de justice, on parle de justice distributive (salaire, prime répartie en fonction de la contribution), de justice procédurale (prendre part aux décisions) et de justice interactionnelle (respect, communication).

La cohérence entre les valeurs et les actions permet au leader d’être congruent. Si chacun partage plus ou moins les mêmes valeurs, l’ordre d’importance diffère d’un individu à un autre. C’est en s’appuyant sur ses valeurs que l’on peut donner du sens à nos actions. Schwartz a identifié 19 valeurs universelles regrouppées en 4 domaines qui se complètent ou s’opposent. Pour en savoir plus sur ces valeurs ou tout simplement faire le test pour identifier ses valeurs.

Il peut être intéressant de mesurer la clarté des valeurs et la cohérence des actes en lien avec ces valeurs (voir le test p106 du livre).

La confiance est le ciment de nos sociétés. Faire confiance est un acte de courage. Cela commence déjà par l’estime de soi et des autres. L’estime de soi oriente la manière dont je vais interagir avec les autres. Il y a une oscillation entre la tendance actuelle à la survalorisation de l’estime de soi (je me débrouille seul, je ne me remets pas en question) et un manque d’estime de soi (je dissimule des faiblesses ou je compense).

Le leader de demain est innovant et inspirant

Notre mode « pilote-automatique » laisse peu de place à la créativité. La pleine conscience diminue la tendance à juger et catégoriser ce que l’on perçoit (faire le test du besoin d’évaluer), offrant ainsi une plus grande liberté d’innovation aux collaborateurs.

Les 7 caractéristiques du leader innovant et inspirant:

S’ouvrir

implique d’être capable de voir au-delà des préjugés et des projections de l’égo, au-delà des ruminations et des intempéries intérieures. Cela nécessite:

  • Une intention (je suis décidé à prendre en compte le point de vue d’autrui)
  • Une attitude (la bienveillance favorise l’accueil des propos d’autrui)
  • Une orientation de l’attention (si je suis pris par mes émotions et mes pensées, il devient plus compliqué de percevoir ce qi se présente à moi)

La flexibilité

est considérée comme la capacité à mettre en œuvre un comportement adapté au contexte, à la situation. La flexibilité cognitive améliore la capacité à passer d’une tâche à une autre sans perturber le travail outre mesure. Il est à noter d’ailleurs que le manque de flexibilité est aujourd’hui perçu comme le point commun de l’ensemble des troubles psychologiques.

Figure 5 p122

L’intuition

Ces dernières décennies, quantité de recherche ont mis en évidence que chacun d’entre nous utilise l’intuition au quotidien. Pour n’en citer qu’une, voir l’article sur le prix Nobel d’économie (psychologie économique), D. Kahneman (Système 1 / Système 2). Il a ainsi démontré que l’intuition peut s’avérer même plus efficace pour prendre de bonnes décisions que le raisonnement analytique lorsqu’il y a un nombre conséquent d’informations à prendre en compte. Là où la raison ne va considérer que l’analyse de problèmes, l’intuition va considérer le système dans son ensemble et donc bien plus que la somme des problèmes.

La lucidité

commence sans doute par une recherche de vérité par rapport à soi-même. C’est ce qui en fait un préalable à l’humilité.

Les pensées, les croyances, les désirs et les attentes sont le fruit de notre esprit. Nos perceptions de la réalité sont déformées, ce qui peut amener à procéder à des choix inadaptés et coûteux.

Aussi accueillir simplement ce qui est là, sans jugement. Lorsqu’on apprend à laisser des côté, momentanément, cette tendance au jugement, cela ouvre de nouvelles perspectives, et augmente les possibles.

Le sens

selon J. Lecomte (2007) peut émerger à partir de 3 fondements (voir figure ci-dessous.

Ici l’action n’est pas juste une bonne intention, mais réellement un engagement.

Le caractère autodéterminé d’une action dans laquelle s’engage un individu participe au sentiment de réalisation de soi et augmente le sens de la vie. L’opportunité de mise en œuvre d’une action autodéterminée répond aux 3 besoins psychologiques fondamentaux que sont : le sentiment d’autonomie, de compétence et de lien social.

 

Le leader de demain vu lors du forum de Davos en 2016

Le futur des emplois (World Economic Forum)

Conclusion

L’invitation de cet article et du livre attenant est une invitation à trouver des espaces, entre les actions, les émotions, les pensées et faire profiter de cet oxygène chaque parcelle de votre corps et de votre psychisme. Cet oxygène sera également bénéfique pour vos proches et leur créativité.

Par son statut et par son attitude, le leader peut devenir un modèle de relation éthique, favorisant un mieux-être au sein des organisations.

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