RSE, Leadership et carte cognitive

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RSE, Leadership et carte cognitive

18 novembre 2019 psychologie 0

La Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE)

La RSE, par nature globale et volontaire, fait encore l’objet de débats toujours vifs, portant notamment sur sa relation avec la performance économique. Elle est en effet trop souvent perçue comme un dispositif normatif contraignant, une injonction environnementale, dans tous les cas comme une entrave imposée.

Mais elle demeure mal connue, y compris de celles qui la pratiquent sans vraiment le savoir.

La mise en œuvre de la RSE appelle un accompagnement professionnel qui ne peut éluder des aspects souvent sous-estimés ou même ignorés. La psychologie du management, la compréhension du jeu des chaînes de valeur.

Néanmoins comme toute contrainte apparente, souvent liée à son approche trop normative, c’est l’adaptation des entreprises, la flexibilité de cette dernière qui fera la différence au final dans un marché très concurrentiel. La RSE peut être un levier de performance et de motivation pour toutes les parties prenantes.

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Leadership

Actuellement, l’éthique du leadership et le degré de développement de la morale sont devenus des éléments essentiels de la recherche en leadership.

Le manager, appelé aussi dirigeant, n’est plus l’Homo oeconomicus à la rationalité parfaite prôné par le modèle néo-classique. Mais il devient un individu à la rationalité limitée devant traiter l’information surabondante qu’il reçoit.

La complexité de l’environnement nous fait éprouver le besoin de créer du sens pour y inscrire nos actions et les rendre intelligibles pour autrui. L’ambiguïté et l’incertitude  sont des attributs que l’on trouve dans toutes les organisations.

La stratégie RSE (mais aussi globale) va dépendre de la relation des décideurs avec l’environnement. Elle est perçue comme un produit cognitif et de ce fait éminemment subjectif. Alors que dans les modèles traditionnels de gestion stratégique, tous les décideurs sont supposés avoir la même logique.

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Les sciences cognitives

La cognition comprend l’ensemble des activités qui permettent à l’esprit de traiter l’information. Le terme cognition désigne l’ensemble des mécanismes par lesquels un organisme acquiert de l’information, la traite, la conserve, l’exploite. Le mot désigne ainsi le produit mental de ces mécanismes.

C’est notre capacité à gérer l’information qui est limitée. Se développent alors des stratégies de réduction de la complexité déformant la perception des individus.

Une bonne connaissance des biais et heuristiques les plus fréquents apporte une meilleure compréhension des différents modèles liés aux décisions stratégiques.

Il est aujourd’hui établi que nos connaissances antérieures, nos valeurs, notre affectivité, nos styles cognitifs, notre âge et peut-être notre sexe jouent sur notre manière d’appréhender et d’interpréter notre environnement.

Il existe deux dérives extrêmes possibles du management. Celle qui ne tient pas compte des valeurs et celle qui ignore les faits établis. Ainsi si une décision n’est pas suivie socialement le dirigeant va échouer à diriger.

En résumé, chaque individu a besoin de se créer une représentation de son environnement pour le rendre intelligible. Chaque représentation est unique en raison de la rationalité limitée. L’étude de ces représentations par les cartes cognitives peut en conséquence aider à comprendre les décisions et actions.

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Les cartes cognitives

Les cartes cognitives sont un outil d’aide à la décision.

La carte cognitive est une technique qui a pour objectif de représenter des idées, croyances, valeurs et attitudes d’un individu ainsi que des liens qui les relient, dans un format favorable à l’analyse.

On situe l’intérêt du recours à la cartographie cognitive dans le domaine de la décision par une meilleure compréhension des heuristiques utilisées.

En effet, la création d’une carte cognitive permet de clarifier une idée confuse en la structurant. L’effort de structuration rend possible une explication détaillée du problème et aide l’individu à déchiffrer ses propres représentations.

Dans les relations interpersonnelles, l’élaboration d’une carte cognitive facilite la transmission des idées.

Une carte cognitive peut aussi être considérée comme une photo, un cliché de ce que nous pensons à un moment précis sur un sujet particulier. Au final, une carte cognitive fournit une description graphique du chemin de pensée unique d’un individu concernant un domaine particulier.

Conclusion

La cognition étant par nature limitée, un dirigeant utilise des heuristiques simplificatrices pour se représenter les problèmes complexes. Un même problème ou objet de décision est en conséquence perçu de manière différente d’un individu à l’autre.

Cette perception n’est pas sans influence sur les décisions managériales et les actions que ces dernières engendrent. En guidant le dirigeant vers d’autres sources d’informations, ses représentations sont susceptibles de se modifier, et par là aussi les décisions et actions qui s’en suivent. Ceci est valable dans la mesure où ces nouvelles informations ne le conduisent pas vers un état de dissonance cognitive. Afin d’éviter un état de dissonance, il semble approprié de modéliser les structures cognitives des dirigeants pour en identifier le noyau dur. Et ainsi de différencier des concepts plus fragiles avant de proposer au dirigeant de nouvelles informations.

La cartographie cognitive permet d’explorer et de simplifier une problématique complexe telle que celle de la RSE.

La construction de cartes cognitives va permettre de renvoyer une image structurée au dirigeant pour une prise de conscience de ses perceptions. Mais elle permet aussi de les partager avec d’autres personnes servant ainsi de support de communication.

Grâce à la carte cognitive ce sont les dirigeants eux-mêmes qui vont définir la notion de RSE, avec une éthique de Leadership.

 

Source principale:

  • Thèse présentée à la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université de Fribourg (Suisse) par Delphine Gendre-Aegerter (2008)
 

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