L’intelligence sociale (du coeur)

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L’intelligence sociale (du coeur)

16 novembre 2017 Bien Etre 0

L’intelligence sociale (du coeur) de Isabelle Filliozat (Psychologue)

 

L’intelligence des rapports sociaux

L’intelligence des rapports sociaux: animer une réunion, parler en public, vaincre la timidité, répondre à l’agressivité, s’affirmer, donner son avis, écouter, pleurer, motiver une équipe et se motiver soi-même, faire face à l’adversité et au changement, résoudre les conflits, …

Ne serait-il pas aussi utile de recevoir quelques notions sur la conscience de soi et le décodage des émotions, que de connaître les rois de France et 1515 ?

90% de notre vie quotidienne est passé sous silence à l’école. L’intelligence des rapports sociaux ne serait-elle pas à mettre sur le même plan que les autres formes d’intelligence ?

1 français sur 10 est dépressif. Il est urgent d’apprendre à faire face à nos émotions !

Multiples Intelligences

De multiples intelligences (1983 Howard Gardner): aux intelligences verbale et logico-mathématique (QI), se rajoutent les intelligences spatiales (3D), musicale, kinesthésique (corps: danseurs, athlète, chirurgiens), et enfin les 2, interpersonnelle (comprendre et travailler avec les autres) et intrapersonnelle (faculté de se former une représentation de soi et de l’utiliser), réunies en intelligence émotionnelle par D Goleman – le QE ou Quotient Emotionnel.

QE

  • Capacité de se motiver et de persévérer malgré l’adversité et les frustrations
  • Contrôle de ses impulsions et capacité de différer une satisfaction
  • Capacité de réguler ses humeurs et d’empêcher la détresse d’altérer ses facultés de raisonnement
  • Empathie & Espoir

En occident, les traditions éclatent, l’individu est à l’honneur, mais il ne sait pas toujours que faire de cette liberté. (note: La Terreur de 1789).

Tempérament

inné ou acquis ?

Les neurones qui transmettent l’information sensorielle et motrice seraient génétiquement programmés. Tandis que les réseaux de connexions entre les neurones, les aires d’association, se construisent au fur et à mesure du vécu. Donc 50 / 50 !

Nous possédons 10 puissance 12 neurones. Voyez la complexité … et l’étendue des possibles!

Plus vous vous mettez en colère, plus vous favorisez cette réaction parmi d’autres possibles, et donc plus facilement et rapidement vous enragerez à l’avenir. Vos habitudes, par le jeu des facilitations neuronales, forment votre caractère et dessinent votre tempérament (tendances à la colère, à la soumission, au courage, à la réflexion ou à la peur).

Les émotions réorganisent la mémoire!

L’émotion nous informe sur le monde qui nous entoure plus rapidement que la pensée hypothético-déductive. Nos émotions nous donnent notre sentiment d’existence au monde (le sens). Elles nous individualisent en nous conférant la conscience de notre personne propre.

Le rôle des émotions est de signaler les événements qui sont signifiants pour l’individu et de motiver les comportements permettant de les gérer. Les émotions sont biologiques, pulsionnelles. Les sentiments sont des élaborations dites secondaires parce que mentalisées.

 

Le déni:

Fred et Sandrine ont un accident de voiture. La voiture est en miette. Ils s’en sortent sain et sauf. Le danger est maintenant écarté. Sandrine se met à trembler et à hurler. Fred essaie de la calmer sans succès. A quoi bon hurler ? Sandrine finit par se calmer. Fred est resté de marbre. Faute d’être reconnue et exprimée, la tension s’est imprimée en lui. Il va faire des cauchemars pendant des mois, revivant l’accident. Il refuse de prendre conscience de l’impact émotionnel de l’événement, son inconscient le lui représentera nuit après nuit … jusqu’à ce qu’il enfin accepte de reconnaître sa peur et de pleurer.

Le silence

Le silence est plus traumatisant que la douleur partagée. Les émotions qui ne peuvent être dites creusent un fossé entre les gens qui s’aiment. « Je n’ai pas de problème » peut être aussi un équivalent  de « je ne veux pas me poser de questions ». On peut faire taire un temps les angoisses existentielles, mais elles vous rattrapent un jour. Elles s’inscrivent dans le corps, ou étreignent votre descendance.

Peut-être êtes-vous de ceux ou celles qui partagent leur vie avec une personne froide, frustrante au quotidien parce qu’elle ne parle pas, n’exprime pas ses sentiments, ne réagit pas. Ses défenses sont comme une peau protégeant ses fragilités. Pour s’ouvrir de nouveau, elle a besoin de se sentir tout à fait en sécurité avec vous.

L’activité intempestive d’un lobe préfrontal dissimule les perceptions de l’autre. En effet les sentiments à tonalité affective agréable et désagréable sont traits chacun par un lobe du cerveau. Le préfrontal gauche se charge de la joie, de l’espoir, de la gratitude. Le préfrontal droit traite les émotions déplaisantes comme la colère ou la tristesse.

On peut être battu physiquement mais aussi psychiquement. Le manque de respect du vécu (de L’enfant), la non-écoute des besoins, le dénigrement des élans affectifs, l’indifférence et les non-dits (parentaux) sont à l’origine de cuirasses de déni émotionnel.

Armel n’a jamais été frappé, mais il a perdu son père très jeune. Sa mère était désespérée, elle attendait de son petit bonhomme de 7 ans qu’il remplace le père disparu. Il a assumé le rôle de « l’homme », il est devenu le confident de sa maman, il la rassurait, c’est lui qui remplissait les papiers, il ne pouvait se permettre de pleurer. Il devait être fort.

 

La froideur

elle n’est pas génétique, mais elle se transmet de génération en génération.

Emile travaille beaucoup. Il part tôt le matin, revient tard le soir. Il travaille le WE. Quand sa femme se plaint d’être seule à la maison, il rétorque qu’il faut bien gagner sa « croute ». Il préfère oublier qu’elle a aussi un travail rémunéré. En réalité, Emile fuit ses émotions. La fatigue est une stratégie pour ne pas sentir. Il est peu à la maison parce qu’il ne veut pas affronter ses affects. Ses enfants sont petits. Ils demandent beaucoup d’attention. Emile n’a pas envie de la leur donner, il n’en a pas le courage. Travailler à l’extérieur est bien plus facile et nettement moins fatigant que de rester à la maison. … L’intimité, surtout avec un tout petit enfant, lui était pénible.

De par leur stratégie d’évitement, « ils » infligent le même manque à la génération suivante.

Pouvoir:

Le besoin de pouvoir sur les autres est d’autant plus important que l’impuissance intérieure est grande. Quand on ne se sent pas à la hauteur, on ne peut avouer ses faiblesses. On terrorise pour avoir moins peur soi-même.

Beaucoup de personnes ayant bétonné leurs pulsions vont dans les milieux naturels justement pour trouver là ce qu’elles ont tué en elles.

Jugement:

Nommer rassure. Juger, évaluer, nous confère un sentiment de supériorité. Diviser c’est régner.

Fonctionnement cérébral

Le cerveau humain intègre les trouvailles précédentes et ajoute sa touche personnelle, nous conférant ces avantages fabuleux que sont les possibilités de faire hypothèses et déductions, bref d’accéder à l’abstraction, de diriger nos comportements en fonction de nos objectifs ainsi que de prendre conscience de nous-mêmes (principe de l’animal devant un miroir), des autres et de notre place dans le monde.

Nous devons à Mc Lean, la classification du cerveau en 3 parties: l’archéocortex, le paléocortex et le néocortex (Attention: ces subdivisions sont des constructions mentales, comme la carte versus la réalité du pays traversé).

1. Le cerveau réflexe ou reptilien:

le cerveau d’un reptile n’a accès ni à la mémoire ni à l’anticipation

 

2. Le cerveau émotionnel:

Pour se libérer des automatismes, il fallait développer dans le cerveau une structure permettant le choix de ses comportements. Pour choisir, il est nécessaire d’avoir des préférences, de définir le meilleur et le moins bon. Développé par les mammifères, il est particulièrement important chez le dauphin et chez l’homme. Un ensemble de noyaux permettent la mémorisation, la reconnaissance de situations déjà vécues et l’attribution de leur signification affective.

Parmi les noyaux, notons l’hippocampe, qui mémorise les faits bruts, et l’amygdale, petite glande du lobe temporal qui leur attribut des préférences. L’amygdale reçoit des informations de la part des 5 sens qui font l’extéroception (perception de l’extérieur) et la proprioception. Elle informe les aires supérieures et écoute leur message. Elle réagit aux pensées, aux images, aux fantasmes produit par le néocortex. L’amygdale est enfin liée à toutes les fonctions végétatives (respiration, cardiaque, sexuelle, …), nerveuses et humorales (Immunité) qui participent à l’équilibre de l’organisme.

Le cerveau reptilien ne permet qu’une faible alternance: fuir, rester immobile ou attaquer (appétence ou aversion) dans le moment PRESENT. Grâce au cerveau émotionnel, les nuances comportementales apparaissent. Une personnalité s’ébauche.

La mémoire de nos expériences (Le PASSE) dessine notre profil particulier de réponses à l’environnement, notre caractère.

 

3. Le cerveau de la pensée:

ou le cerveau des émotions … des autres (empathie)

La dimension du FUTUR n’est accessible qu’avec le néocortex, la fameuse substance grise. Le saut évolutif réside surtout dans l’apparition des aires associatives (note: vous vous rappelez ? … que nous faisons et défaisons tout au long de notre vie). Nous pouvons associer les informations les unes aux autres, les comparer, les hiérarchiser, les pondérer … bref analyser, inférer, déduire, réfléchir…

Il nous confère l’ultime liberté par rapport à l’environnement, celle du choix conscient de notre attitude (note: inventer 2 mots différents pour conscience: conscience de l’animal ?).

La vie humaine se nourrit de sens autant que de pain.

La suprématie du néocortex a des inconvénients. Il peut être dupe d’illusions et obliger les couches inférieures du cerveau à se plier à des exigences abusives.

Il nous ouvre aussi à la conscience des émotions des autres. C’est l’organe de l’altruisme et de la compassion.

 

Lobe gauche et lobe droit

Il semblerait que le lobe gauche (« rationnel) ait pour fonction de tempérer son voisin de droite, de façon à réguler ces émotions négatives. On ne peut donc pas parler de localisation des émotions dans un lobe en particulier.

Chaque lobe est doté de sa propre capacité d’apprendre, de se souvenir, de ressentir des émotions et de se comporter.

Filtres, mémoire et croyances:

La réaction émotionnelle focalise l’attention sur le stimulus déclencheur, permettant l’analyse mentale. Cette évaluation va modifier (ou pas) en retour l’émotion brute initiale. On voit en priorité ce qui peut alimenter l’état émotionnel, le reste est mis de côté.

Plus un événement a une coloration affective forte, plus il sera mémorisé et rappelé. Une réaction aujourd’hui disproportionnée, signe le rappel d’un événement enfoui dans un recoin du cerveau. Seulement nous n’en avons pas toujours conscience. Car le cerveau gauche rationnalise et crée des théories pour conférer à nos attitudes des apparences de logique et d’adéquation.

C’est ainsi que naissent les croyances irrationnelles qui parsèment notre quotidien.

Hyperémotivité:

Il arrive que nous éprouvions des affects sans savoir en identifier l’origine. Décoder le sens de nos « sorties » intempestives peut nous éviter de gâcher nos relations proches.

La seule façon de ne pas transmettre aux autres nos frustrations, rages, terreurs ou désespoirs, c’est de les PARTAGER. (note: l’évolution de l’homme a été le partage du travail et de la nourriture – les origines de l’homme)

Les élastiques: lorsqu’une émotion est disproportionnée par rapport au contexte, qu’elle soit excessive ou au contraire insuffisante, il est probable qu’elle ne concerne pas le présent mais réponde en fait à une situation ancienne non résolue. L’analyse transactionnelle nomme cette dynamique: élastique. (note: notion d’oscillation entre 2 opposes, notion de choix, notion de paradoxe)

Le concept de QE nous invite à prendre davantage en compte notre vie émotionnelle.

Émotions

La peur (face aux risques)

Le trac est bloquant quand, interprété négativement, nous cherchons à le contrôler, à le dissimuler.

Les malades montrant de la peur avant l’opération (sous certaines limites) se remettent mieux et plus vite. Ceux qui « font confiance » restent passifs, ils attendant tout des soignants … et sont déçus si la douleur leur rappelle que leur corps leur appartient. Anticiper permet de se préparer.

Accompagner la peur de l’autre: respectez son émoi. Ne tournez jamais la crainte en ridicule. Ecoutez sans chercher de solution. Ne tentez pas de le raisonner ou de lui donner des conseils. Ne cherchez pas à le rassurer, à lui enlever sa frayeur, laissez-le tout d’abord la vivre. Son premier besoin est de se sentir accepté avec son émotion.

 

Timidité et peurs sociales

la honte implique l’idée d’un défaut dans l’être, la conscience que quelque chose ne va pas en soi. Dans la culpabilité, quelque chose ne va pas dans mes comportements.

phobies, chocs et traumatismes (peur de la mort, de la séparation, de l’inconnu, de la souffrance, de la dépendance, du jugement, de la peur, de la vie, …).

Violence et pouvoir

la violence et la tentation du pouvoir sur autrui sont issues de l’impuissance.

Rappel sur l’expérience de Milgram:

A la suite d’un tirage au sort truqué, le sujet se retrouve « moniteur ». Il a la consigne d’infliger une décharge électrique de plus en plus sévère à chaque erreur commise à l’élève sanglé sur un siège avec une électrode fixée au poignet. L’élève est un comédien qui ne reçoit bien sur pas de choc. Trente manettes sont disposées en ordre croissant. Aucun participant ne refuse de désobéir avant 300 V, choc déjà douloureux. Entre 65% et 85% des sujets ont été obéissant jusqu’au bout.

A une très grande majorité, les gens font ce qu’on leur dit de faire sans tenir compte de la nature de l’acte prescrit, et sans être réfrénés par leur conscience dès lors que l’ordre leur parait émaner d’une autorité légitime.

La colère … saine

En effet celle pour affirmer son identité et défendre son intégrité. on confond trop souvent conflit et querelle. Le premier est confrontation de 2 univers, la seconde est tentative de prise de pouvoir.

Il y a forcément des frictions dans une relation si les 2 protagonistes veulent s’y inscrire en tant qu’être complet. C’est dès le début d’une relation qu’il est important de préciser ses limites. Les non-dits ont tôt fait d’en faire des précipices. Ne vous racontez pas d’histoires, ne cherchez pas à protéger les autres, n’ayez pas peur d’ennuyer avec vos questions. Si elles ennuient, c’est qu’il y a anguille sous roche.

Si ce sont vos comportements qui font l’objet de la colère de l’autre, ne vous justifier pas. Commencer par accepter l’émotion de l’autre. Elle ne vous concerne peut-être pas, alors il est inutile de vous perdre en discussions stériles.

Si vous êtes réellement en cause, la situation est différente. Vous avez fait une erreur ? (note: Ne vous justifiez pas). Reconnaissez-le. La personne s’est sentie blessée ? Compatissez. Reconnaissez l’importance de sa blessure. Excusez-vous. Proposez réparation.

L’Amour

L’amour longue durée, c’est la difficile histoire entre sécurité et liberté, entre appartenance et personnalisation, entre fusion et séparation, entre lien et autonomie. (Note: oscillation)

En d’autres termes, l’amour est-il un sentiment ou une émotion ? En définitive, le même mot recouvre les 2 dimensions. D’abord l’émotion d’amour est intense, violente. D’autre part le sentiment d’amour se construit jour après jour, il se nourrit de l’émotion d’amour mais ne se réduit pas à elle. L’émotion d’amour est très présente au début d’une relation, dans la découverte de l’univers de l’autre et le feu de la passion. Elle surgit de nouveau lors de retrouvailles après une séparation mais aussi à l’occasion d’un bouquet de fleurs, d’une attention tendre, et à chaque fois que l’on prononce ces mots délicieux « je t’aime ».

Aimer

Aimer c’est faire attention à notre façon de traiter l’autre. Les aptitudes à s’écouter, à apprendre l’un de l’autre, à résoudre les conflits font la qualité du rapport. Quand on exprime les choses, on peut toujours trouver un terrain d’entente. Seuls les non-dits creusent des précipices infranchissables.

Les conflits ne perturbent pas le lien, ils le nourrissent, tout comme les noeuds du bambou qui ralentissent sa croissance mais lui confèrent d’avantage de solidité.

Toute émotion non exprimée est susceptible d’interférer avec la libre circulation de l’amour.

Prenez le temps d’être disponible. Souvenez-vous que les seules vraies urgences sont affectives. Une émotion doit avoir priorité sur le reste. c’est l’intelligence sociale.

En ne permettant pas à l’autre de pénétrer votre Coeur, vous vous éloignez de lui.

 

 

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