Etat limite ou borderline

Tests of personality - tests de personnalité

Etat limite ou borderline

25 janvier 2020 psychologie 0

Etat limite ou borderline

Les problèmes d’Etat limite (ou trouble de la personnalité borderline) sont parmi les troubles psychologiques les plus répandus. Au minimum 2 % des Français seraient concernés. Pourtant ce problème est encore ignoré, souvent par les malades eux-mêmes !

Vous n’en aviez jamais entendu parler? Cet « état limite » se traduit par des difficultés à gérer ses émotions.

Les personnalités borderline sont difficiles à identifier : les personnes touchées semblent complètement « normales ». Pourtant certains symptômes sont visibles, en particulier les problèmes émotionnels : irritabilité, anxiété, changements d’humeur et même dépression, sans compter le manque de confiance en soi et de véritables difficultés dans les relations avec les autres.

La personnalité borderline est définie dans le DSM-IV et le DSM-5 comme « un mode général d’instabilité des relations interpersonnelles, de l’image de soi et des affects avec une impulsivité marquée qui apparaît au début de l’âge adulte et qui est présent dans des contextes divers. Le trouble borderline fait parti des 10 troubles de la personnalité définis dans le DSM-5.

Les jeunes, et principalement les femmes, sont les plus touchés.

Le caractère

La personne est assez agréable et avenante, elle recherche le contact, mais l’humeur est variable et la relation peut virer rapidement et se rompre.

Elle est toujours assez impulsive, avec un manque de retenu, de maîtrise. La réflexion ne tempère pas l’action. La colère et l’agressivité surviennent facilement mais les passages à l’acte violents sont modérés dans cette forme moyenne. Dans ses sentiments, son vécu, le sujet oscille dans les extrêmes : c’est tout ou rien, parfait ou nul, enthousiasmant ou ennuyeux.

Il existe pour ces personnes un risque de dévalorisation qui donne une fragilité face aux aléas de la vie qui est généralement masqué par une carapace de hâblerie agressive. Ce qui donnera une attitude une apparence gestuelle et vestimentaire forcée de bravade.

La souffrance dépressive et l'angoisse

La dépression fréquente, revêt une forme bien particulière. Le syndrome est d’intensité variable parfois faible, souvent prononcé. Mais surtout il présente des caractères spécifiques : 

Les personnes ont un sentiment d’incomplétude, de manque à être, de solitude, qui s’accompagne d’une sensation de vide et de creux se manifestant dans le vécu générale et corporel.

Elles se sentent perdues, abandonnées, sans possibilité de vivre, d’autant qu’elles sont nulles et ne valent rien. La mentalisation est pauvre et la personne ne sait pas exprimer son malaise et ne demande pas d’aide. Il y a un contraste entre l’ampleur de l’effondrement et la pauvreté d’expression.  

L’angoisse se manifeste sous forme de crises aiguës. Il n’y a généralement pas d’anxiété chronique. Elle n’est pas caractéristique.

 

Etat limite et mécanismes de défense

Les modalités défensives permettant de décharger l’angoisse ressentie comprennent : réactions impulsives voire agressives, troubles alimentaires, comportements et sexualité à risque, conduites addictives, voire dans les cas les plus extrêmes, automutilation ou tentatives de suicide. 

Ces comportements peuvent provoquer par la suite une phase de culpabilité et de honte qui peut engendrer à son tour une nouvelle phase de comportements impulsifs.

Cependant, une personne en Etat limite peut se sentir dépassés par ses émotions négatives. Ainsi elle fait l’expérience d’une intense douleur psychologique plutôt que de la tristesse. De la honte et des sentiments d’humiliation plutôt que de l’embarras. De la colère plutôt que de l’ennui, et une peur panique plutôt que de la nervosité. Elle est spécifiquement plus sensible au rejet, à l’isolement et aux sentiments d’échec.

La personne se croit volontiers obligé de choisir entre des opinions extrêmes. Elle ne supporte pas les compromis. Ainsi elle se propose des buts très élevés, des objectifs illusoires. Le monde social et relationnel est vu sous un jour péjoratif, car il apparaît dangereux et hostile. La personne se sent une victime potentielle de la société, des autres et du monde en général qui est hérissé de difficultés.

On constate une dépendance aux autres, surtout à son jugement d’où une forte réactivité et des variations d’humeur rapides. Elle a du mal à se définir du fait de l’instabilité dans les investissements et les choix (valeurs amitiés carrière).

Pixabay

Relations interpersonnelles

Les relations interpersonnelles sont particulièrement instables et intenses pouvant facilement passer de l’idéalisation à la dévalorisation de l’autre.

Cela est en rapport avec son image de lui-même troublée. Lorsque la personne croit être traité de façon injuste (que cela soit vrai ou non), elle réagit souvent violemment et impulsivement, et ne trouve pas d’issue à son univers de reproches vis-à-vis d’elle-même et des autres – ou même de haine de soi-même.

Beaucoup de gestes des autres sont interprétés faussement ou qualifiés comme hostiles par une sur-interprétation. Ils sont intensément analysés et examinés par rapport à leur contenu de « signaux ». La personne a des difficultés à interpréter justement le comportement des autres. Sa perception de l’autre est très changeante (« constance d’objet insuffisante »).

Il existe un rapport entre la peur d’être abandonné et la difficulté de se sentir émotionnellement lié à une personne-clé quand celle-ci est absente (« constance d’objet insuffisante »). Cela aboutit à un sentiment d’être abandonné et de n’avoir aucune valeur. Dans ces contextes, il peut y avoir des menaces de suicide ou des tentatives de suicide.

Les individus sont particulièrement sensibles à la manière dont les autres agissent à leur égard ; la gentillesse perçue leur fera ressentir une joie et une gratitude intenses. Des agissements perçus comme négatifs leur feront ressentir une tristesse et une colère intenses.

Leurs sentiments vis-à-vis des autres varient du positif au négatif après une déception, une menace ressentie d’avoir perdu quelqu’un, ou une perte perçue d’estime de quelqu’un qu’ils apprécient. Mélangée aux troubles de l’humeur, cette idéalisation peut poser des problèmes relationnels avec la famille, les amis, les collègues.

L’image de soi peut également et rapidement changer du positif au négatif.

Intelligence émotionnelle et authenticité

Les personnes perçoivent généralement le monde comme dangereux ou malveillant. Le trouble de la personnalité borderline pourrait procéder d’un stress chronique et de conflits dans les relations amoureuses, d’une insatisfaction de son conjoint ou sa conjointe, ou encore de violences. Cependant, ces facteurs sembleraient plutôt liés aux troubles de la personnalité en général.

« Avoir une personnalité borderline n’est pas un drame en soi… car après avoir acquis une bonne conscience de ses vulnérabilités, les traits de personnalité d’hier générateurs de difficultés (trouble relationnel, chaos intense, sentiment de vide, rage, etc.) deviennent des générateurs de potentialités (intelligence émotionnelle, hypersensibilité, passion, authenticité, spontanéité, compassion, etc.). » (Pr Évens Villeneuve, chef du programme de traitement des troubles sévères de personnalité, Institut universitaire en santé mentale de Québec (CA)).

Dans l’ennéagramme de la personnalité, c’est l’ennéatype 4 qui reflète le plus la personnalité borderline.

Signes et symptômes

Les membres de l’entourage

Ils peuvent remarquer plusieurs signes du trouble de la personnalité limite chez la personne en Etat limite :

  • ses relations sont instables ou elle a des conflits avec ses proches;
  • elle a une image souvent négative d’elle-même : par exemple, elle a tendance à se dévaloriser, à se sentir incomprise;
  • son humeur est changeante : par exemple, elle peut être de bonne humeur et devenir rapidement irritable, triste ou angoissée;
  • elle a des poussées de colère : par exemple, elle se fâche soudainement contre des personnes qu’elle apprécie et se met à les détester;
  • des attitudes hostiles ou rigides : par exemple, elle s’acharne à avoir le dernier mot, ou devient accaparante ou jalouse;
  • la personne change souvent d’idée : par exemple, elle modifie souvent ses objectifs de carrière ou ses valeurs personnelles;
  • elle a de la difficulté à tolérer certaines émotions. Elle peut adopter des comportements impulsifs, déviants ou autodestructeurs, par exemple :
    • consommer de l’alcool, des drogues ou des médicaments de façon excessive,
    • faire des dépenses exagérées,
    • conduire de façon dangereuse,
    • commettre des vols,
    • avoir des comportements sexuels à risque,
    • s’automutiler;
  • elle exprime des idées suicidaires ou fait des menaces de suicide.

 

La personne atteinte

Elle peut ressentir les symptômes du trouble de la personnalité limite à des degrés variables.

Voici les symptômes les plus fréquents de l’Etat limite perçus:

  • peur d’être abandonné et rejeté par les autres;
  • difficulté à supporter la solitude;
  • faible estime de soi ou perception de soi changeante : par exemple, la personne peut à un moment se trouver extraordinaire et exceptionnelle puis juste après se sentir inutile et incompétente;
  • sentiment permanent de grand vide intérieur : par exemple, la personne dit ne pas avoir de sentiments, de pensées ou de rêves;
  • ennui;
  • grande sensibilité à la critique négative de la part des autres;
  • perte de contact avec la réalité dans certaines circonstances, en particulier dans des situations extrêmement stressantes.

Faire le test: gratuit et anonyme

En répondant aux questions de ce test, vous pourrez déterminer si vous avez des comportements de type borderline (Etat limite).

Ce test est adapté par C5s à partir des critères diagnostiques du DSM-5 et du site officiel du gouvernement du Québec.

Rappelons que ce test Etat limite est présenté dans le but d’informer sur les critères diagnostiques et de favoriser la réflexion et non pas pour l’autodiagnostic. Seul un professionnel de la santé (psychothérapeute) pourra vous délivrer un diagnostic précis.

Ne pas confondre Borderline et Bipolaire

Sources

DSM-5

Site officiel du gouvernement du Québec

AFORPEL : association pour la formation et le promotion de l’état limite

Psychisme.org : le site de psychopathologie destiné aux professionnels de santé

Wikipedia

L’information contenue sur le site ne remplace en aucun l’avis d’un professionnel de la santé. Si vous avez des questions concernant votre état de santé, consultez un professionnel.

 

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