Ennéagramme et besoins psychologiques

Tests of personality - tests de personnalité

Ennéagramme et besoins psychologiques

21 septembre 2020 psychologie 0

Ennéagramme et besoins psychologiques par fred Lacroix – Sept 2020

 

En 2020, l’approche par les traits de personnalité (psychométriques comme le big5 ….) ne propose pas d’explication sur la genèse des comportements humains.

Le modèle de l’Ennéagramme aspire à une description et à une compréhension très détaillées du psychisme d’un individu. Ainsi, elle ne se résume pas à un « catalogue » dans lequel il suffirait de sélectionner le type prédominant qui prédirait les pensées, les émotions ou les comportements d’un individu. Au contraire, la répartition des ennéatypes varie entre chaque individu en fonction de son héritage familial, de son histoire de vie personnelle, de son âge, de sa maturité mais également de ses états psychoaffectifs instantanés.

Néanmoins certains ennéatypes semblent plus prédisposés que d’autres à chercher à comprendre un événement (besoin de cognition), à éviter l’ambiguïté (besoin de clôture) ou à évaluer en bien ou mal un événement (besoin d’évaluation). Ces 3 besoins peuvent être mesurés grâce à des questionnaires d’auto-évaluation.

Dans cette étude, nous avons recherché l’existence éventuelle de liens entre les types de l’ennéagramme et les besoins psychologiques de cognition, d’évaluation et de clôture. Nous sommes partis sur des hypothèses. Comme par exemple le type 5 qui devrait avoir une forte disposition au besoin de cognition. Ou le type 1 devrait avoir un fort besoin de clôture.

Au final, merci aux 61 participants sans qui cette étude n’aurait pas pu être réalisée.

L'ennéagramme

« Ennéagramme » est issu du grec ancien έννέα (neuf) et de γράμμα (lettre, symbole). Il désigne un modèle de la personnalité basé sur un dessin à neuf branches.

Jusqu’au siècle dernier, les origines de l’Ennéagramme restent mystérieuses et ses écrits épars. Ce qui malheureusement donne souvent une image ésotérique et négative à ce modèle. En France, l’Ennéagramme figure dans le rapport de 2010 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Cependant, d’autres méthodes efficaces utilisées couramment en psychologie médicale sont également citées dans ce rapport. Nous pensons notamment à l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing).

Claudio Naranjo, médecin psychiatre chilien, décida de transcrire ce système dans un langage adapté au monde occidental. Par ailleurs il  porta son intérêt sur les liens entre l’Ennéagramme et les catégories diagnostiques du DSM. Ce manuel (DSM: Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) est un ouvrage publié par l’Association Américaine de Psychiatrie et qui fait référence dans le monde. 

En outre, Naranjo collabora avec les grands psychologues de la personnalité de l’époque dont Allport à Harvard et Cattell à l’Université de l’Illinois vers 1962-1963. Il travailla également avec Fritz Perls, fondateur de la Gestalt-thérapie. Finalement le modèle sera popularisé dans les années 1970 entre autres par Helen Palmer. Ainsi l’ennéagramme est aujourd’hui une unité d’enseignement (UE) dans le MBA de Standford (1994), un des diplômes commerciaux les plus cotés outre-atlantique. Puis il est présent dans d’autres universités américaines (Chicago …) et canadiennes, ainsi qu’à HEC. 

L’ennéagramme est utilisé aujourd’hui comme outil d’accompagnement par des coachs, ou comme outil d’aide au diagnostic par des psychothérapeutes, ou tout simplement comme outil de développement personnel ou de management. L’avantage de cet outil est qu’il est accessible à tous.

 

Le modèle de l’ennéagramme

En premier lieu ce modèle propose neufs caractères que nous nommerons « ennéatypes » en tant qu’abréviation de « type de caractère selon l’Ennéagramme ». Néanmoins bien que répondant à la définition d’une typologie des caractères, ce modèle est beaucoup plus complexe puisqu’il intègre plusieurs dynamiques.

Le caractère se forme parfois par identification à certains traits de caractère des personnes influentes de l’enfance et l’adolescence (souvent les parents) ou au contraire par contre-identification à ces mêmes personnes. Jusqu’ici, on peut penser que l’on ne s’éloigne pas vraiment des modèles théoriques classiques de la personnalité. Cependant, l’Ennéagramme va intégrer une approche motivationnelle des comportements humains allant bien au-delà d’un simple assemblage acquis de traits de caractère.

En ce qui nous concerne, le modèle de l’Ennéagramme distingue deux modalités de fonctionnement de l’être humain. L’un est caractérisé par un plein éveil à sa conscience. L’autre par un « pilote automatique » qui apparaît suite à la rencontre entre des prédispositions héréditaires et un conditionnement. Ces deux modalités sont représentées aux 2 extrêmes d’un continuum et sont appelées dans le modèle de l’ennéagramme respectivement l’essence et la personnalité. Bien entendu, chaque individu ne se situe pas dans un des deux extrêmes mais dans ce continuum. Sa position sur ce continuum dépend de sa constitution, de son histoire personnelle et de ses circonstances actuelles de vie.

Passion et fixation de l'ennéagramme

Fixations et passions

Le noyau fondamental de chaque personnalité est décrit par Naranjo comme ayant une double nature : une fixation associée à une passion. Chaque passion va être sous-tendue par un préjugé cognitif appelé fixation, justifiant et perpétuant à la fois le comportement. L’intensité ou la répétition de la frustration d’un besoin peut entraîner un intense conditionnement cognitif, affectif et comportemental.

On assiste alors à une rigidification de la personnalité en direction d’une ou plusieurs des neuf modalités (ennéatypes), constituant alors autant de syndromes cliniques. La personnalité est donc le reflet de l’expression de l’ensemble des ennéatypes d’un sujet. Bien que chacun de nous exprime les neuf caractères de l’Ennéagramme dans des proportions uniques, le sujet soumis à un ou plusieurs ennéatypes utilisera préférentiellement ces modalités de réponse au détriment d’une certaine flexibilité. L’enseignement traditionnel de l’Ennéagramme considère que chaque individu est soumis à un ennéatype principal. Cet ennéatype principal serait à la racine de toutes ses modalités de caractère.

Le besoin de cognition

La cognition est l’ensemble des processus mentaux qui se rapportent à la fonction de connaissance. Ainsi elle met en jeu la mémoire, le langage, le raisonnement, la prise de décision, la perception ou l’attention.

Cacioppo et Petty (1982) avancent l’idée de différences interindividuelles mesurables dans la propension des gens à s’engager et à effectuer des efforts cognitifs dans une activité de réflexion.

Certains individus possédant intrinsèquement une faible motivation et une faible propension à la réflexion seraient caractérisés comme des « avares cognitifs » (chronic cognitive misers).

Tandis que les individus qui semblent intrinsèquement pourvus d’une forte motivation et propension à cette activité seraient définis comme des personnes actives sur le plan de l’activité cognitive (chronic cognitivers). Les travaux de Cacioppo et Petty (1982) soulignent que la motivation dont les gens font preuve pour s’engager dans une activité réflexive peut être expliquée par un facteur unique dit besoin de cognition (need for cognition).

 

Donner du sens

Ainsi, les individus qui possèdent un fort besoin de cognition auront tendance à s’engager, par plaisir, dans un processus de raisonnement poussé (Esparcieux-Morawe, 2001). Ces individus recherchent systématiquement à donner du sens à l’information à laquelle ils sont confrontés.

Les personnes possédant un fort besoin de cognition génèrent, de façon générale, davantage de pensées pertinentes relatives à une tâche qu’elles ont à effectuer que les personnes possédant un faible besoin de cognition. Ce qui leur permet de se montrer plus efficientes dans la résolution de problèmes cognitifs. Elles ont tendance à être plus concencieuses et plus ouvertes à de nouvelles expériences.

Les individus qui ont un fort besoin de cognition seraient plus naturellement orientés vers la recherche et l’acquisition d’informations. Ceci a pour but de donner sens aux stimuli, aux relations interpersonnelles, et aux événements du monde environnant. Ceux avec un faible besoin de cognition seraient caractérisés comme faisant préférentiellement appel à des heuristiques cognitives ou des processus de comparaison sociale pour structurer le monde environnant.

Le besoin d'évaluation

Il existe un nombre substantiel de recherches publiées qui apportent une démonstration incontestable à l’idée selon laquelle certains individus ont tendance à évaluer les choses, même quand il n’y a pas obligation à le faire. Alors que d’autres personnes, à l’inverse, ont tendance à ne pas avoir besoin de recourir à l’évaluation des choses ou des gens sauf à être en devoir explicite de le faire. Jarvis et Petty (1996).

Le besoin d’évaluer est défini comme l’évaluation des aspects positifs et/ou négatifs d’un objet (Jarvis & Petty, 1996). Les personnes ayant un besoin d’évaluer élevé sont plus susceptibles de déclarer avoir des opinions sociales ou politiques que ceux qui ont un faible besoin d’évaluer.

Les individus ayant un fort besoin d’évaluer se forment une opinion spontanément. Alors que ceux qui présentent un faible besoin d’évaluer sont moins spontanés, usant d’un processus davantage basé sur la mémoire.

 

Le besoin de clôture

Le besoin de clôture (Kruglanski, 1989 ; Kruglanski & Webster, 1996) peut être défini comme le besoin d’accepter toute réponse plutôt que de continuer à maintenir l’ambiguïté.

Deux phases successives sont supposées sous tendre ce besoin. L’une est l’urgence dans la prise de décision et l’autre la permanence de celle ci dans le temps. C’est un processus qui a pour objet de consolider les connaissances acquises tout en les protégeant contre toute nouvelle information qui risquerait de déstabiliser la structure acquise.

Les sujets ayant un fort besoin de clôture ressentent un véritable inconfort psychologique face à l’ambiguïté (Van Hiel & Mervielde, 2003). Ces personnes proposent alors un plus petit nombre d’hypothèses pour résoudre cette ambigüité. Par ce besoin de clôture, ces individus émettent plus de jugements stéréotypiques (Dijksterhuis, van Knippenberg, Kruglanski, & Schaper, 1996). Ils tombent aisément dans le biais de correspondance (Webster 1993). En présence d’informations nouvelles, ils résistent à la persuasion (Kruglanski & al, 1993).

Les sujets déclarant un plus faible besoin de clôture présentent plus de fluidité d’idées. Ils se montrent plus créatifs (Chriumbolo & al., 2004). Les résultats semblent montrer que ce besoin pourrait influencer certains aspects cognitif et motivationnels comme par exemple le style de leadership, la rapidité de prendre une décision en se fondant sur leur première impression et le niveau de créativité.

 

Une échelle de mesure

Une échelle de besoin de clôture (Webster et Kruglanski, 1994) permet de mesurer la propension d’un individu, confronté à une décision, à préférer toute réponse immédiate afin d’éviter l’ambiguïté.

Neuberg, Judice & West, (1997) suggèrent un modèle à deux facteurs pour l’échelle de besoin de clôture. Un premier facteur dénotant une préférence pour la structure comprenant les items en rapport avec la préférence pour l’ordre, la prévisibilité, l’inconfort face à l’ambiguïté et la fermeture d’esprit. Un second facteur comprenant les items relatifs à l’esprit de décision.

Cependant le facteur « esprit de décision » n’est pas significativement lié aux autres facteurs de l’échelle bien que des corrélations positives soient attendues.

Méthodes et outils

Nous avons sollicité 1229 personnes en juin 2020 via l’agence de consulting C5s. Il leur a été envoyé par un mailing en inbound marketing un questionnaire d’auto-évaluation combinant 3 tests. Le NFC-11 (Need For cognition – Cacioppo et Petty, 1982), le NES-12 (Jarvis et Petty, 1992) et le NCS-15 (Kruglanski, Webster et Klem, 1993). L’accès au questionnaire se faisait directement à partir du mailing. 

De surcroît, le questionnaire répond aux normes RGPD. Chaque participant recevait les résultats du test automatiquement à la fin du questionnaire et pouvait télécharger ses résultats. Le test pouvait être anonyme (16% l’ont décidé). Cependant si le participant souhaitait avoir accès aux résultats de l’étude globale, il lui était demandé de laisser son email et son nom.

D’autre part, la condition pour participer à l’étude était de connaître son ennéatype. En revanche, l’ennéatype n’a pas été vérifié. Cependant plus de 50 % des personnes sollicitées  sont venues faire le test Ennéagramme ou son sous-type sur le site https://aprisme.blog (« Test ennéagramme ») au cours des 3 années précédentes.

 

Les 3 questionnaires combinés en 1

Le NFC (Cacioppo 1984) est un questionnaire d’autoévaluation de 11 questions. Il intègre un likert à 4 (échelle de 1 à 4: complètement faux à complètement vrai).

Le NES (Jarvis et Petty, 1992) est un questionnaire d’autoévaluation de 12 questions avec un likert à 4 (échelle de 1 à 4: complètement faux à complètement vrai).

Enfin le NCS (Kruglanski, Webster et Klem, 1993) est un questionnaire d’autoévaluation de 15 questions avec un likert à 6 (échelle de 1 à 6: Pas du tout d’accord à tout à fait d’accord).

63 personnes ont acceptées de faire le questionnaire dans le cadre de l’étude. Ainsi 79 % étaient des femmes. En ce qui concerne l’âge, il variait de 18 à 76 ans avec une moyenne de 42 ans. Ce questionnaire était combiné à un questionnaire d’auto-détermination (BNSGS, Deci & &Ryan, 2000) qui a déjà donné lieu à une publication (Lacroix, 2020). D’autre part, plus de 70% de ces 63 personnes ont acceptées de faire un 2ème test sur les valeurs sociales dans une étude en parallèle.

Par ailleurs, un peu moins de 50 % connaissaientt leur sous-type ennéagramme.

En dernier lieu, la répartition entre les 9 ennéatypes était relativement homogène sauf pour le type 8. Effectivement ce n’est pas une surprise de par les croyances de cet ennéatype qui habituellement est résistant à ces études ou aux tests psychométriques (expérience C5s à travers le site aprisme.blog sur 3 ans).

Tab. 1: Répartition des ennéatypes parmi les 63 participants

Ennéagramme et besoins psychologiques

Résultats

63 personnes, connaissant leur ennéatype ont réalisé le questionnaire d’auto-évaluation. Parmi ces 63 personnes, 26 connaissaient leur sous-type ennéagramme.

De surcroît, avant d’étudier les résultats en fonction des ennéatypes, nous avons vérifié s’il n’y avait pas des différences significatives en fonction de l’âge, du sexe, du sous type

Par genre

Les différences entre femmes et hommes ne sont pas liées à l’ennéatype dans cette étude.

On peut observer un besoin de cognition plus important chez les hommes que chez les femmes. Une analyse statistique plus poussée serait nécessaire pour le confirmer.

1) Besoin de cognition:

2) Besoin d’évaluation:

3) Besoin de clôture:

Ennéagramme et besoins psychologiques

Par âge

Les différences entre âge ne semblent pas liées à l’ennéatype dans cette étude en ce qui concerne  les besoins de cognition et d’évaluation.

Par contre, pour le besoin de clôture, il n’y a pas de type 1 représenté au-dessus de 50 ans. Ce qui expliquerait la diminution de ce besoin après 50 ans comme le montre le graphe. Le type 1 ayant un fort besoin de clôture comme on le verra par la suite.

1) Besoin de cognition:

2) Besoin d’évaluation:

3) Besoin de clôture:

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Par sous-type de l’ennéagramme

Le sous-type ne semble pas influencer le besoin de cognition et le besoin de clôture en fonction des ennéatypes.

Par contre, pour le besoin d’évaluation, il est intéressant de noter des différences entre sous-types pour les ennéatypes 1, 2, 3, 4 et 9. Par exemple le sous-type conservation aurait un besoin de clôture plus important que le sous-type social pour l’ennéatype 3.

Cela demanderait à être investigué dans une plus grande étude. Le nombre de sous-type (n=26) étant trop faible pour tirer des conclusions.

 

1) Besoin de cognition:

2) Besoin d’évaluation:

3) Besoin de clôture:

Ennéagramme et besoins psychologiques

Besoin de cognition

Les moyennes

C’est sans surprise que l’ennéatype 5 présente la plus grande moyenne sur le besoin de cognition, suivi par l’ennéatype 3.

Il est un peu plus surprenant que le type 8 ait la plus basse moyenne, même si cet ennéatype est tourné dans l’action et le pragmatisme. Les résultats pour le type 8 sont néanmoins à relativiser de par le faible nombre de type 8 ayant répondu à l’enquête.

Il est aussi intéressant de garder à l’esprit que le type 8 en désintégration se « transforme » en type 5. Comme le souligne Anna Sutton, des études scientifiques sont nécessaires pour confirmer le dynamisme de l’ennéagramme en phase d’intégration et de désintégration. Mais comme le souligne Martin Seligman (Vivre la psychologie positive p90), sous stress « les gens heureux changent de tactique et adoptent un mode de pensée sceptique et analytique ».

 

Chaque personne est unique

Le type 9 a aussi une moyenne des plus basses, confirmant le comportement routinier de cet ennéatype. « Je suis facile à vivre et je m’adapte aux situations, sans me prendre la tête ».

Mais le type 9 est aussi la meilleure démonstration qu’un ennéatype n’est pas cloisonné dans une case ou un comportement. Si cet ennéatype présente les scores les plus bas en terme de besoin de cognition, il présente aussi des résultats avec des scores plus élevés que le type 2, 4 et 6.

Cela démontre que chaque personne est unique. L’identification de son ennéatype alerte sur des faiblesses potentielles, ou des modes automatiques. Mais en aucun cas, un ennéatype est enfermé dans un comportement donné. Cela est bien mis en valeur par les amplitudes (écart-types) de chaque ennéatype dans le graphe.

 

Les amplitudes

Les amplitudes notées pour la plupart des ennnéatypes montrent un overlap entre ennéatypes. Mis à part le type 8 (aile du type 9), ces résultats démontre sur cette étude, que le besoin de cognition, en tant que trait de personnalité, n’est pas spécifique d’un ennéatype et que le classement peut être tout aussi aléatoire. 

Ennéagramme et besoins psychologiques

Besoin d'évaluation

i = sous-type intimité      c = conservation     s= social

Comme pour le besoin de cognition, l’overlap entre ennéatypes est trop important pour conclure à des besoins d’évaluation particulier pour tel ou tel ennéatype.

Néanmoins il est intéressant de noter des scores faibles pour certaines personnes de l’ennéatype 1, 5, 6 et 9.

Un score faible étant synonyme d’indécision, qui sont des risques connus pour ces 4 ennéatypes:

  • Le type 1 qui peut retarder des décisions dans sa recherche de la perfection et du détail.
  • et le type 5 dans sa recherche de l’information complète et profonde
  • Le type 6 qui peut être envahi par le doute, et qui aura besoin d’être appuyé dans ses décisions.
  • Enfin le type 9 et sa peur de prendre des (mauvaises) décisions.

A l’inverse, un score élevé peut démontrer de l’entêtement (type 5, 6 et 8) comme de la prise de décision rapide et efficace (typique du 8).

Les sous-types

Les données sont trop limitées (n=26) pour tirer des conclusions. Mais il peut être intéressant dans le futur d’étudier les différences par sous-types, comme les premiers résultats montrent certaines différences significatives (types 1,3,4 et 9).

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Besoin de clôture

Malgré de nouveau l’overlap de presque tous les ennéatypes, le type 1 confirme bien sa tendance inflexible avec des scores tous en valeurs hautes. Le besoin de clôture mesure la gestion de l’ambiguïté. Hors le type 1 aime les situations claires et précises.

Le type 9 arrive logiquement en 2ème place. Cet ennéatype est réputé pour sa souplesse avec les autres et sa difficulté à faire des choix. Mais il est aussi connu pour ne plus changer d’avis quand finalement il a fait un choix. Il a besoin de situations claires précurseurs de l’absence de conflit. Est-ce sa proximité avec l’ennéatype 1 (aile) tout en étant dans le même centre instinctif ?

A l’inverse l’aisance avec l’ambiguïté est bien représentée avec les ennéatypes 2 (centre émotionnel), 5 et 7.

Le type 2 est reconnu pour priviligier la relation avec autrui au besoin au détriment de la situation. Et l’ouverture du type 5 et du type 7 sont en accord.

Ennéagramme et besoins psychologiques

Conclusion

Sur la base de ces résultats, il semble que l’on ne peut pas associer les traits personnalité (besoin de cognition, d’évaluation et de clôture) à un ennéatype donné.

Même si le type 8 (pour le besoin de cognition) et le type 1 (pour le besoin de clôture) présentent des résultats significatifs en lien avec l’ennéatype.

Néanmoins ces résultats sont une première analyse du modèle dynamique de l’ennéagramme. Il n’y a pas d' »effet case » (tu es rangé(e) dans une case). Par exemple un type 9 qui a tendance à ne pas vouloir choisir, peut s’il le souhaite passer en mode action (type 3). Cela appartient à chacun. Chaque ennéatype possède ses atouts et ses défauts. Nul ennéatype n’est préférable à un autre. Il est important de prendre conscience de ses préférences et de l’existence tout aussi légitime et utile de préferences opposées.

Les résultats sont donc bien en concordance avec ce que l’on pouvait imaginer du dynamisme de l’ennégramme. En accord avec l’approche de la psychologie humaniste où chacun peut, s’il le décide, changer ou pas. Mais sans pratique reflexive, une croyance (fixation) produit un regard sur le monde et attribue à des causes extérieures ce qui provient de ma croyance. Non conscient de l’effet que je produis sur autrui, je vais attribuer le comportement d’autrui à sa personnalité (Théorie implicite de la personnalité).

 

En pratique, l’ennéagramme et besoins psychologiques

L’utilisation de ces test psychométriques, associé à l’ennéagramme, peuvent permettre de mettre en exergue pour certaines personnes l’effet de ses passions et fixations dans des comportements trop rigides ou inadaptés.

Ou inversement, il peut-être intéressant lors de coaching de tenir compte de l’ennéatype du coaché pour le sensibiliser à l’impact positif ou négatif de sa fixation sur ses besoins psychologiques tels que le besoin de cognition, d’évaluation ou de clôture.

Ennéagramme et besoins psychologiques

 

Bibliographie:

– Mareï Salama Younes. Etudes sociocognitives des besoins fondamentaux: échelles de mesure et application sociocognitive pour une population d’étudiant de l’université. Psychologie. Université Rennes 2, 2011. Français. NNT: 2011REN20052.

– Cacioppo, J. T., & Petty, R. E. (1982). The need for cognition. Journal of Personality and Social Psychology, 42, 116-131.

– Cacioppo, J. T., Petty, R. E., & Kao, C. F. (1984). The efficient assessment of need for cognition. Journal of Personality Assessment, 48, 306–307.

– Esparcieux-Morawe, E. (2001). L’émotion montrée dans la publicité: efficacité et fonctionnement du traitement de l’émotion contenue dans l’image publicitaire, Thèse de doctorat en sciences de gestion, UFR des Sciences des Organisations, Université Paris Dauphine.

– Claudio Naranjo: Ennéagramme, caractère et névrose

 

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