Ennéagramme et valeurs psychologiques

Tests of personality - tests de personnalité

Ennéagramme et valeurs psychologiques

7 novembre 2020 psychologie 0

Ennéagramme et valeurs psychologiques par fred Lacroix – Oct 2020

 

Les valeurs sont les principes de base guidant nos vies, tant au niveau individuel que sociétal. Ainsi bien comprendre ces valeurs et leurs relations permet de les promouvoir, les invoquer ou les modifier selon nos objectifs.

Le modèle de l’Ennéagramme aspire à une description et à une compréhension très détaillées du psychisme d’un individu. Ainsi, elle ne se résume pas à un « catalogue » dans lequel il suffirait de sélectionner le type prédominant qui prédirait les pensées, les émotions ou les comportements d’un individu. Au contraire, la répartition des ennéatypes varie entre chaque individu en fonction de son héritage familial, de son histoire de vie personnelle, de son âge, de sa maturité mais également de ses états psychoaffectifs instantanés.

Néanmoins certains ennéatypes semblent plus prédisposés que d’autres à se rapprocher de valeurs psychologiques telles que la sécurité, la réalisation ou l’hédonisme. Les valeurs psychologiques ont été étudiées par les psychologues. Le psychologue social Sh. Schwartz (1992, 2012) et ses collègues ont identifié 19 valeurs individuelles universelles. Ces valeurs peuvent être mesurées grâce à un questionnaire d’auto-évaluation (PVQ).

Dans cette étude, nous avons recherché l’existence éventuelle de liens entre les types de l’ennéagramme et les valeurs psychologiques. Nous sommes partis sur des hypothèses. Par exemple le type 3 devrait avoir des valeurs prédominates de réalisation. Le type 1 devrait avoir des valeurs de conformité les plus élevées.

Au final, merci aux 55 participants sans qui cette étude n’aurait pas pu être réalisée. Ennéagramme et valeurs psychologiques

L'ennéagramme

« Ennéagramme » est issu du grec ancien έννέα (neuf) et de γράμμα (lettre, symbole). Il désigne un modèle de la personnalité basé sur un dessin à neuf branches.

Jusqu’au siècle dernier, les origines de l’Ennéagramme restent mystérieuses et ses écrits épars. Ce qui malheureusement donne souvent une image ésotérique et négative à ce modèle. En France, l’Ennéagramme figure dans le rapport de 2010 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Cependant, d’autres méthodes efficaces utilisées couramment en psychologie médicale sont également citées dans ce rapport. Nous pensons notamment à l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing).

Claudio Naranjo, médecin psychiatre chilien, décida de transcrire ce système dans un langage adapté au monde occidental. Par ailleurs il  porta son intérêt sur les liens entre l’Ennéagramme et les catégories diagnostiques du DSM. Ce manuel (DSM: Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) est un ouvrage publié par l’Association Américaine de Psychiatrie et qui fait référence dans le monde. 

En outre, Naranjo collabora avec les grands psychologues de la personnalité de l’époque dont Allport à Harvard et Cattell à l’Université de l’Illinois vers 1962-1963. Il travailla également avec Fritz Perls, fondateur de la Gestalt-thérapie. Finalement le modèle sera popularisé dans les années 1970 entre autres par Helen Palmer. Ainsi l’ennéagramme est aujourd’hui une unité d’enseignement (UE) dans le MBA de Standford (1994), un des diplômes commerciaux les plus cotés outre-atlantique. Puis il est présent dans d’autres universités américaines (Chicago …) et canadiennes, ainsi qu’à HEC. 

L’ennéagramme est utilisé aujourd’hui comme outil d’accompagnement par des coachs, ou comme outil d’aide au diagnostic par des psychothérapeutes, ou tout simplement comme outil de développement personnel ou de management. L’avantage de cet outil est qu’il est accessible à tous.

 

Le modèle de l’ennéagramme

En premier lieu ce modèle propose neufs caractères que nous nommerons « ennéatypes » en tant qu’abréviation de « type de caractère selon l’Ennéagramme ». Néanmoins bien que répondant à la définition d’une typologie des caractères, ce modèle est beaucoup plus complexe puisqu’il intègre plusieurs dynamiques.

Le caractère se forme parfois par identification à certains traits de caractère des personnes influentes de l’enfance et l’adolescence (souvent les parents) ou au contraire par contre-identification à ces mêmes personnes. Jusqu’ici, on peut penser que l’on ne s’éloigne pas vraiment des modèles théoriques classiques de la personnalité. Cependant, l’Ennéagramme va intégrer une approche motivationnelle des comportements humains allant bien au-delà d’un simple assemblage acquis de traits de caractère.

En ce qui nous concerne, le modèle de l’Ennéagramme distingue deux modalités de fonctionnement de l’être humain. L’un est caractérisé par un plein éveil à sa conscience. L’autre par un « pilote automatique » qui apparaît suite à la rencontre entre des prédispositions héréditaires et un conditionnement. Ces deux modalités sont représentées aux 2 extrêmes d’un continuum et sont appelées dans le modèle de l’ennéagramme respectivement l’essence et la personnalité. Bien entendu, chaque individu ne se situe pas dans un des deux extrêmes mais dans ce continuum. Sa position sur ce continuum dépend de sa constitution, de son histoire personnelle et de ses circonstances actuelles de vie. Ennéagramme et valeurs psychologiques

Passion et fixation de l'ennéagramme

Fixations et passions

Le noyau fondamental de chaque personnalité est décrit par Naranjo comme ayant une double nature : une fixation associée à une passion. Chaque passion va être sous-tendue par un préjugé cognitif appelé fixation, justifiant et perpétuant à la fois le comportement. L’intensité ou la répétition de la frustration d’un besoin peut entraîner un intense conditionnement cognitif, affectif et comportemental.

On assiste alors à une rigidification de la personnalité en direction d’une ou plusieurs des neuf modalités (ennéatypes), constituant alors autant de syndromes cliniques. La personnalité est donc le reflet de l’expression de l’ensemble des ennéatypes d’un sujet. Bien que chacun de nous exprime les neuf caractères de l’Ennéagramme dans des proportions uniques, le sujet soumis à un ou plusieurs ennéatypes utilisera préférentiellement ces modalités de réponse au détriment d’une certaine flexibilité. L’enseignement traditionnel de l’Ennéagramme considère que chaque individu est soumis à un ennéatype principal. Cet ennéatype principal serait à la racine de toutes ses modalités de caractère. Ennéagramme et valeurs psychologiques

Les 19 valeurs universelles

Les valeurs psychologiques sont des conceptions centrales du désir pour chaque individu et pour la société. Elles servent de standards pour guider l’action. Mais en outre, elles servent pour le jugement, les choix et pour expliquer les choses. Les valeurs personnelles sont des croyances apprises de ce qu’une personne considère comme important et utile comme ligne de conduite dans la vie.

Dans le monde scientifique, aujourd’hui, le psychologue Shalom Schwartz (1922, 1996) fait figure de référence dès que l’on aborde les valeurs sociales. En s’appuyant sur les travaux de Rokeach (1973), Schwartz a présenté un modèle des valeurs humaines qui représente une avancée essentielle dans la connaissance du fonctionnement des valeurs. En effet, il présente une théorie novatrice sur l’universalité et la structure des valeurs. Ainsi cette théorie met en évidence les relations entre les valeurs. Une relation de compatibilité ou de conflits.

Schwartz et ses collègues ont menés des études dans quelque 70 pays présentant un large éventail de cultures. Ils ont identifiés 19 catégorie de valeurs fondamentales (ou motivations) qui seraient universelles et permettraient de les classifier virtuellement (Schwartz en identifie 57 spécifiques).

Ces 19 valeurs sont organisées sur un continuum circulaire dans lequel les valeurs rapprochées sont compatibles et celles éloignées sont conflictuelles. Cette représentation graphique circulaire permet de visualiser rapidement la hiérarchie.

Notre intégrité à agir en cohérence avec nos valeurs est un facteur déterminant dans nos relations interpersonnelles. En effet elle établit notre crédibilité et crée un sentiment de confiance.

À l’inverse, un non-respect entraîne petit à petit un sentiment d’insatisfaction, de démotivation, de perte de contrôle voire de perte d’estime de soi.

Dans une organisation, dans une équipe ou pour soi-même, elles joueront un rôle rassembleur, mobilisateur ou motivateur. Ceci dans la mesure où elles seront clairement définies et priorisées.

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La liste des 19 valeurs

Voici la liste de ces 19 valeurs regroupées dans une des 4 dimensions : Ennéagramme et valeurs psychologiques

  1. Autodétermination de la pensée: liberté de cultiver ses propres idées et capacités (1)
  2. Autodétermination des actions: liberté de déterminer ses propres actions (2)
  3. Stimulation: excitation, nouveauté et changement (3)
  4. Hédonisme: plaisir et gratification sensuelle (4)

L’hédonisme est à cheval entre l’affirmation de soi et l’ouverture au changement. De même l’image publique est à cheval entre l’affirmation de soi et la conservation.

  1. Hédonisme: plaisir et gratification sensuelle (4)
  2. Réalisation ou accomplissement: succès selon les normes sociales (5)
  3. Pouvoir-dominance: pouvoir par l’exercice d’un contrôle sur les gens (6)
  4. Pouvoir-ressources: pouvoir par le contrôle des ressources matérielles et sociales (7)
  5. Image publique: sécurité et pouvoir en maintenant son image publique et en évitant l’humiliation (8)
L’humilité

est à cheval entre la conservation et le dépassement de soi. De même l’image publique est à cheval entre l’affirmation de soi et la conservation.

  1. Image publique: sécurité et pouvoir en maintenant son image publique et en évitant l’humiliation (8)
  2. Sécurité-personnel: sécurité dans l’environnement immédiat (9)
  3. Sécurité-société: sécurité et stabilité dans la société (10)
  4. Tradition: maintenir et préserver les traditions culturelles, familiales ou religieuses (11)
  5. Conformité-règles: respect des règles, lois et obligations formelles (12)
  6. Conformité interpersonnelle: éviter de bouleverser ou de blesser les autres (13)
  7. Humilité: reconnaître son insignifiance dans l’ensemble des choses (14)

L’humilité est à cheval entre la conservation et le dépassement de soi.

  1. Humilité: reconnaître son insignifiance dans l’ensemble des choses (14)
  2. Bienveillance-soins: prendre soin du bien-être des membres du groupe d’appartenance (15)
  3. Bienveillance-fiabilité: être un membre fiable et digne de confiance du groupe d’appartenance (16)
  4. Universalisme-préoccupation: engagement envers l’égalité, la justice et la protection de tous (17)
  5. Universalisme-nature: préservation de l’environnement naturel (18)
  6. Universalisme-tolérance: acceptation et compréhension de ceux qui sont différents de soi-même (19)

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Méthodes et outils

Nous avons sollicité 1229 personnes en juin 2020 via l’agence de consulting C5s. Il leur a été envoyé par un mailing en inbound marketing un questionnaire d’auto-évaluation. Le test des valeurs de Schwartz (PVQ – 1922-2012) adapté au monde du travail (T. Wils et al., 2007 – 47 questions – likert 9). L’accès au questionnaire se faisait directement à partir du mailing. 

De surcroît, le questionnaire répond aux normes RGPD. Chaque participant recevait les résultats du test automatiquement à la fin du questionnaire et pouvait télécharger ses résultats. Le test pouvait être anonyme (30 % l’ont décidé). Cependant si le participant souhaitait avoir accès aux résultats de l’étude globale, il lui était demandé de laisser son email et son nom.

D’autre part, la condition pour participer à l’étude était de connaître son ennéatype. En revanche, l’ennéatype n’a pas été vérifié. Cependant plus de 50 % des personnes sollicitées  sont venues faire le test Ennéagramme ou son sous-type sur le site https://aprisme.blog (« Test ennéagramme ») au cours des 3 années précédentes.

57 participants

57 personnes ont acceptées de faire le questionnaire dans le cadre de l’étude. Ainsi 74 % étaient des femmes. En ce qui concerne l’âge, il variait de 18 à 76 ans avec une moyenne de 41 ans. Ce questionnaire était combiné à un questionnaire d’auto-détermination (BNSGS, Deci & &Ryan, 2000) qui a déjà donné lieu à une publication (Lacroix, 2020).

Par ailleurs, un peu moins de 50 % connaissaientt leur sous-type ennéagramme.

En dernier lieu, la répartition entre les 9 ennéatypes était relativement homogène sauf pour le type 3. Ceci est vrai si lon ne fait pas de distinction entre hommes et femmes. Effectivement il n’y pas d’ennéatype 4 et 9 pour les hommes. Ennéagramme et valeurs psychologiques

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Résultats

57 personnes, connaissant leur ennéatype ont réalisé le questionnaire d’auto-évaluation.

De surcroît, avant d’étudier les résultats en fonction des ennéatypes, nous avons vérifié s’il n’y avait pas des différences significatives en fonction de l’âge, du sexe. Ennéagramme et valeurs psychologiques

Par genre

Il n’y a pas de différences significatives dans l’affirmation de soi et l’ouverture au changement entre les hommes et les femmes. Une différence est plus nette pour le dépassement de soi ainsi que les valeurs de conservation. Cela demanderait à être confirmé dans une étude ultérieure. Ennéagramme et valeurs psychologiques

 

Par âge

Il n’y a pas de différences significatives, statistiquement parlant, en fonction de l’âge. Ennéagramme et valeurs psychologiques

Par ennéatype

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Les moyennes par ennéatype

L’ennéatype 3 présente la moyenne la plus importante pour l’affirmation de soi. Ainsi bien devant l’ennéatype 8.

Si le 8 recherche le pouvoir, c’est bien le 3 qui est en recherche perpétuelle d’efficacité, de réalisation. Le type 8 est aussi moins sensible à l’image publique ou le regard des autres que peut l’être le type 3.

Enfin on peut imaginer que le type 8 n’est pas à proprement dit à la recherche du pouvoir. Le pouvoir est naturel dans sa perception.

Le type 7 arrive en 3ème position, d’autant plus aidé par sa recherche du plaisir (valeur d’hédonisme).

A l’inverse le type 9 présente les scores les plus faibles. Il est bien connu qu’une tendance du type 9 est de ne pas avoir confiance en sa capacité de réalisation ou de pouvoir.

Le 9 comme le 2 sont à la recherche d’harmonie.

Le type 5 est d’autant plus impacté que son score est le plus bas dans les valeurs d’image public.

Dépassement

Les types 1, 4 et 9 sont les champions du dépassement de soi.

Le type 1, avec le type 3 présente les plus hauts scores de valeur de fiabilité. De même le type 1, 2 et 3 sont aussi avec les plus grands scores dans la bienveillance de prendre soin, au contraire des types 5 et 8.

Néanmoins le type 3 n’a pas globalement un score élevé car il est le dernier avec le type 8 dans l’universalisme.

Le type 9 est le champion de la tolérance sans surprise, avec le type 1. Est-ce cette recherche de l’idéalisme typique du type 1. Les type 6 et 8 ayant les scores les plus bas pour la tolérance.

En conclusion la dimension « dépassement de soi » regroupe des valeurs différentes (fiabilité, nature, tolérance, humilité …) pas fortement représentative d’un ennéatype.

Ouverture

Le champion de la stimulation est le type 7 avec le type 3 en seconde position. A l’opposé du type 5 et 9.

Le 7 culmine aussi dans l’hédonisme.

Seuls les types 3 et 9 se démarquent des autres types dans l’auto-orientation par l’action. Au plus haut pour le type 3 et au plus bas pour le type 9. Ce qui n’est pas une surprise.

Pour l’auto-orientation par la pensée, le type 2 et 3 sont au top, quand les types 6 et 8 sont au plus bas.

Le type 8 est connu pour se décider très vite, sans quelques se prendre la tête à trop réfléchir. Le type 6 étant avant tout dans l’émotion de la peur qui neutralise son approche mentale (centre mental).

Conservation

Le type 3 présente la plus grande moyenne, même si statistiquement les résultats ne sont pas si éloignés de la moyenne. Le type 3 est sensible aux règles. Est-ce pour mieux les contourner ?

Les états unis sont le pays le plus représentatif du type 3. Pour ceux qui y ont déjà vécu, ils savent que le respect des règles est important là-bas. Mais que le sport national est de savoir s’adapter et contourner les règles, pour les meilleures opportunités.

L’image de soi fait parti aussi de la dimension « conservation ». Et le type 3 est au top à ce niveau là. C’est ce qui fait qu’il devance le type 1 dans cette dimension.

On retrouve les types 2 et 9 avec le plus grand score dans la conformité interpersonnelle.

Le type 1, suivi par le type 9, se retrouve avec le score le plus élevé dans la sécurité personnelle.

Mais ici encore, dans cette dimension de conservation, les différences entre ennéatypes ne sont pas si importantes, pour qu’un ennéatype se démarque franchement comme dans la dimension d’affirmation de soi.

La dimension conservation regroupe 7 valeurs distinctes où chaque ennéatype se distingue.

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Opposition des valeurs

Les relations compatibles ou antagonistes des valeurs entre elles

Outre l’identification de 19 valeurs fondamentales, la théorie décrit les relations de compatibilité et d’antagonisme que ces valeurs entretiennent les unes avec les autres. Cela provient du fait que lorsque l’on agit selon une valeur, quelle qu’elle soit, cela a des conséquences qui entrent en conflit avec certaines autres valeurs ou sont compatibles avec d’autres. Par exemple, la recherche de la réussite entre la plupart du temps en conflit avec les valeurs de bienveillance.

Deux grandes dimensions 

Ces 2 dimensions structurent les relations d’antagonisme et de compatibilité entre les valeurs et permettent de les résumer.

  1. Une dimension oppose l’ouverture au changement et la continuité. Cette dimension rend compte du conflit entre les valeurs qui mettent en avant l’indépendance de la pensée, de l’action et des sensations ainsi que la disposition au changement (autonomie, stimulation), et celles qui mettent l’accent sur l’ordre, l’autolimitation, la préservation du passé et la résistance au changement (sécurité, conformité, tradition).
  2. La seconde dimension oppose l’affirmation de soi au dépassement de soi. Cette dimension rend compte du conflit qui oppose les valeurs qui mettent en avant le bien-être et l’intérêt des autres (universalisme, bienveillance) aux valeurs qui mettent au premier plan la poursuite d’intérêts individuels, la réussite personnelle et la domination (pouvoir, réussite). L’hédonisme relève à la fois de l’ouverture au changement et de l’affirmation de soi.

Cet antagonisme ressort très bien pour les ennéatypes 1, 2, 3, 5 et 9 dans le graphe ci-dessus (Valeurs d’affirmation versus valeurs de dépassement de soi).

Ceci ne ressort pas pour l’ennéatype 7 dans le graphe. Mais cela est du au fait que l’on compare des moyennes. Au niveau des individus cet antagonisme ressort.

Hiérarchie des valeurs

Seule la hiérarchie des valeurs est pertinente

Deux personnes différentes n’utilisent pas forcément les échelles de réponse de la même manière. Certaines personnes déclarent que la plupart des valeurs sont très importantes pour elles, ou que la plupart des portraits leur ressemblent beaucoup. D’autres utilisent les modalités intermédiaires des échelles de réponse, et d’autres encore déclarent que la plupart des valeurs ont peu d’importance pour elles. L’échelle doit mesurer la hiérarchie des valeurs d’une personne, l’importance relative des différentes valeurs pour elle. 

Prenons l’exemple de deux personnes qui auraient donné toutes les deux la note 4 à la valeur de base tradition. Si l’une de ces personnes a donné une note inférieure à 4 à toutes les autres valeurs tandis que l’autre personne a donné une note supérieure à 4 à toutes les autres valeurs, il est évident que la tradition sera plus haut dans la hiérarchie des valeurs de la première que dans celle de la seconde, bien que toutes deux lui aient donné la même valeur absolue.

 

Explications du tableau

Sur le principe de cette hiérarchie des valeurs, nous avons vérifié le nombre de personnes qui ont scoré par exemple l’affirmation de soi plus élevée que le dépassement de soi.

Ainsi dans le tableau 100 % des ennéatypes 3 accordent une plus grande importance aux valeurs d’affirmation de soi. Seulement 50 % des ennéatypes 8 y accordent plus d’importance. Et 0 % des des types 2.

Ainsi 78 % des types 7 accordent plus d’importance au dépassement de soi versus l’affirmation de soi. Et 100 % des types 7 accordent plus d’importance à l’ouverture au changement qu’aux valeurs conservatrices. Ce qui n’est pas une surprise pour le type 7 qui a tendance à favoriser l’aventure  et les nouveautés.

 

En synthèse

Si pour certains types il y a un équilibre entre les différentes personnes comme pour le type 8, certains ennéatypes se démarquent fortement.

Ainsi dans l’antagonisme de l’affirmation de soi versus le dépassement de soi:

  • 100 % des types 3 attachent plus d’importances aux valeurs d’affirmation de soi.
  • Quand 100 % des types 2 et 9 font passer le dépassement de soi avant l’affirmation de soi.

Si l’on compare l’antagonisme entre ouverture au  changement ou le conservatisme.

  • 100 % des types 2, 3 et 7 attachent plus d’importance à l’ouverture au changement.
  • Aucun ennéatype (dans sa moyenne) n’accorde une plus grande importance aux valeurs de conservatisme. Seul le type 8 est juste à 50 %. Il faut comprendre dans ce conservatisme la capacité à contrôler une situation.

Car dans toutes les analyses précédentes ce sont les moyennes pour un ennéatype que nous comparons. Nous ne pouvons pas extrapoler pour une personne. Sauf quand un ennéatype est à 100%.

Classement des valeurs

Les valeurs liées à l’auto-orientation (auto-détermination) sont les valeurs les plus revendiquées dans cette étude. Au contraire des valeurs liées au pouvoir qui sont les moins sollicitées. Ennéagramme et valeurs psychologiques

Conclusion

Les valeurs sont les principes de base guidant nos vies et orientant nos choix et nos actes, tant au niveau individuel que sociétal. Ainsi bien comprendre ces valeurs et leurs relations permet de les promouvoir, les invoquer ou les modifier selon nos objectifs.

Notre étude indique une corrélation entre certains ennéatypes de l’ennéagramme et les valeurs liées au focus personnel (Affirmation et dépassement de soi).

C’est sans surprise que les ennéatypes 3, 7 et 8 sont les ennéatypes avec les priorités les plus importantes sur les valeurs d’affirmation de soi. A l’inverse des ennéatypes 9 et 2.

A l’opposé de l’affirmation de soi, on retrouve les ennéatypes 1, 4 et 9 avec des valeurs de dépassement de soi qui tendent vers l’idéalisme respectivement des choses bien faites, de la beauté et de l’authenticité et enfin de l’harmonie parfaite entre les gens et les situations.

Peu de poids des dimensions

Inversement  si les ennéatypes 2, 3 et 7 sont à 100 % engagés dans l’ouverture au changement, les variations statistiques entre un individu et un autre sont trop importantes pour en dégager des confirmations. Il semble que chacune des 3 autres dimensions (ouverture, conservation et dépassement) regroupent des nombreuses valeurs (de 4 à 7) où chaque ennéatype se distingue distinctement. Le questionnaire est trop limité (nombre de questions par valeur) pour pouvoir faire une étude par ennéatypes liées à chacune de ces 19 valeurs.

La limite de cette étude est bien entendue la taille de l’échantillon statistique trop limité pour dégager des certitudes. Néanmoins les tendances observées sont en accord avec les comportements attendus pour la plupart des ennéatypes. Ce qui n’est plus du hasard.

Ennéagramme et valeurs psychologiques

 

Bibliographie:

– Claudio Naranjo: Ennéagramme, caractère et névrose

– Schwartz, S. H. (2012). An Overview of the Schwartz Theory of Basic Values. Online Readings in
Psychology and Culture, 2(1).

– Schwartz, S. H. (2006). Les valeurs de base de la personne : théorie, mesures et applications. R. franç. sociol., 47-4, 2006, 929-968

– Chataigné, Ch. (2014). Psychologie des valeurs. Edition de Boeck Supérieur

– Wils, Th. & Al. (2007). Développement et validation d’un modèle de structuration des valeurs au travail. Relations industrielles, vol. 62, n°2, 2007, p. 305-332

 

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