Est-ce que tous les ennéatypes ont la même motivation face au développement personnel ou la recherche sur le Web ?  fred Lacroix – Oct 2021
Ennéatypes et le Web : Sommes-nous tous égaux face à la recherche personnelle en ligne ?
Lorsqu’on parle de développement personnel ou de curiosité psychologique, sommes-nous tous aussi enclins à nous plonger dans les ressources disponibles sur le web ? Les différences de personnalité, et notamment les ennéatypes, influencent-elles nos comportements de recherche ?
En tant que praticien en Ennéagramme, j’ai constaté que certains types de personnalité sont plus enclins que d’autres à explorer des outils d’introspection, tandis que d’autres y sont plus réfractaires, voire méfiants.
Une inégale curiosité selon les profils
Les psychologues le savent : certaines personnes viennent consulter tardivement, souvent lorsque la souffrance est déjà bien installée. C’est fréquemment le cas des personnalités perfectionnistes (Ennéatype 1), pour qui demander de l’aide revient parfois à remettre en question leur perfection. Ou le type 3, pour qui demander de l’aide revient à reconnaître un échec.
De la même manière, certains ennéatypes semblent moins attirés par l’approche psychologique ou l’introspection personnelle. Par exemple, les types 1 ont souvent une vision très claire (et parfois rigide) du monde, ce qui rend la remise en question difficile. À l’inverse, les types 5 ou 4, plus tournés vers l’introspection ou la quête de compréhension, sont naturellement plus ouverts à ces démarches.
Des biais dans les réponses en ligne
Lors de mes recherches, j’ai observé que certains profils (type 5 ou 7 notamment) étaient surreprésentés dans les réponses à mes questionnaires. À l’inverse, il était difficile d’obtenir des retours de la part des types 2 et 3.
Cela m’a amené à me poser plusieurs questions :
Est-ce un désintérêt pour les questionnaires ?
Une forme de réserve vis-à -vis du sujet ?
Un biais dans la formulation ?
Ou bien, tout simplement, certains types consultent-ils moins le Web pour ce genre de contenu ?
Ce que disent les données Google
Sur une période de trois mois à l’été 2021, Google a enregistré environ 26 300 recherches en France autour du mot-clé ennéagramme.
Parmi elles, près de 60 % portaient sur un ennéatype précis.
La répartition des recherches révèle une tendance nette :
Le type 4 concentre à lui seul 39 % des recherches ! Il est donc de loin le profil le plus « googlé », attirant par sa richesse émotionnelle, sa profondeur et sa créativité.
Cependant, il est fréquent que des personnes se projettent dans ce type sans lui correspondre réellement – tant il est valorisé dans l’imaginaire collectif.
Voici le classement des ennéatypes en proportion des recherches :
Rien nous indique que la personne qui fait une recherche sur le type 4 est obligatoirement un ennéatype 4. Par expérience, je sais que les personnes qui recherchent à identifier leur ennéatype sont attirées par la sensibilité et la créativité du type 4. Bien sur ce n’est pas la bonne manière d’identifier son ennéatype. Pour autant, elles n’étaient pas des types 4.
Une grille de lecture possible
Voici une interprétation possible à partir de ces chiffres :
| Ennéatype | Motivation principale perçue |
|---|---|
| Type 1 | Conviction forte, peu de remise en question |
| Type 2 | Tourné vers les autres, peu centré sur soi |
| Type 3 | Image de réussite, peu d’intérêt pour les remises en cause |
| Type 4 | Forte introspection, quête de sens et d’authenticité |
| Type 5 | Besoin de comprendre et d’analyser |
| Type 6 | Doute, besoin de repères et de sécurité |
| Type 7 | Optimisme, fuite de la douleur, intérêt modéré |
| Type 8 | Besoin de contrôle, méfiance envers les modèles |
| Type 9 | Recherche d’harmonie, ouverture douce à l’introspection |
En conclusion
Les données suggèrent que nous ne sommes pas tous égaux face à l’introspection numérique. Le type 4 domine les recherches, reflet d’un besoin d’introspection et d’authenticité. À l’inverse, les types 1, 2, 3 et 7 semblent moins enclins à se tourner vers le Web pour se découvrir.
Peut-on en conclure que certains ennéatypes privilégient d’autres canaux pour leur développement personnel ? Ou que leur moteur intérieur les pousse moins vers ce type d’exploration ?
Quoi qu’il en soit, ces observations offrent un éclairage original sur les liens entre personnalité et comportement digital.


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