Nous ressentons tous des émotions, tous les jours, souvent sans même les nommer. Joie, colère, peur, honte, tristesse…
Les émotions colorent notre expérience, influencent nos décisions, notre santé, nos relations, et pourtant, nous avons souvent appris à les réprimer ou les mal interpréter.
Apprendre à mieux comprendre ses émotions, c’est apprendre à mieux se connaître, mieux communiquer, et mieux vivre.
🌈 Emotions primaires et secondaires : distinguer les couches
Les émotions primaires (ou fondamentales) sont universelles, spontanées et brèves. Elles émergent en réaction à une situation perçue comme significative. On en identifie généralement 6 à 7 :
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- Joie
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- Tristesse
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- Colère
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- Peur
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- Dégoût
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- Surprise (+ parfois le mépris)
Les émotions secondaires, elles, sont plus complexes, influencées par notre histoire, notre culture, nos pensées. Elles peuvent durer plus longtemps et incluent :
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- Honte
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- Culpabilité
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- Fierté
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- Jalousie
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- Envie, etc.
Souvent, nous confondons une émotion secondaire avec une émotion primaire… et cela brouille notre communication intérieure.
🧠 Le cerveau émotionnel : entre instinct et mémoire
Nos émotions prennent racine dans des zones spécifiques du cerveau, notamment dans le système limbique, véritable « cerveau émotionnel ». Deux structures jouent un rôle clé :
- L’amygdale : elle déclenche les réponses émotionnelles rapides, notamment la peur, l’agressivité, ou la vigilance. C’est le radar de danger.
- L’hippocampe : il associe les émotions aux souvenirs, ce qui explique pourquoi certaines situations ravivent de vieilles douleurs.
- Le cortex préfrontal, quant à lui, aide à moduler les émotions, à prendre du recul et à intégrer la réflexion.
👉 Nos émotions sont donc à la croisée de l’instinctif et du cognitif.
⚖️ Emotions instinctives et cognitives : deux voies de réponse
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- Les émotions instinctives sont rapides, automatiques, parfois même irrationnelles. Elles servent à protéger notre survie : fuir, se défendre, s’adapter. Elles sont générer par l’amygdale et interprétées par le lobe préfrontal.
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- Les émotions cognitives émergent d’une interprétation mentale : elles sont influencées par nos pensées, nos croyances, nos attentes. Elles sont générées par le lobe préfrontal et envoyées à l’amygdale.
Exemple : une remarque peut activer la honte (secondaire, cognitive), si elle touche une blessure ancienne. Mais une peur soudaine en traversant la route est instinctive.
💡 L’intelligence émotionnelle : ressentir, comprendre, exprimer, réguler
Définie par Daniel Goleman, l’intelligence émotionnelle (QE) est la capacité à :
- Reconnaître ses propres émotions
- Comprendre celles des autres
- Exprimer ses ressentis de façon appropriée
- Réguler ses émotions sans les étouffer
- Utiliser l’émotion pour faciliter la pensée, la prise de décision et les relations
Contrairement au QI, le QE se développe tout au long de la vie.
🧪 2 questionnaires pour explorer ton monde émotionnel
Pour t’aider à mieux comprendre comment tu fonctionnes émotionnellement, voici 4 outils pratiques :
- 👉 Quelle est ton émotion principale ?
Un test pour identifier l’émotion dominante qui colore ton quotidien ou qui revient souvent dans ta vie intérieure. - 👉 Test de QE – Intelligence émotionnelle
Un outil pour évaluer ta capacité à reconnaître, comprendre et gérer les émotions en toi et chez les autres.
Ces tests ne donnent pas des « notes », mais ouvrent des prises de conscience pour mieux te comprendre et évoluer.
🌀 L’ennéagramme : des émotions typées, enracinées dans le vécu
L’ennéagramme est un modèle de personnalité qui révèle comment chaque type vit, exprime ou fuit ses émotions. Certains types sont très émotionnels, d’autres semblent coupés de leurs ressentis – mais chacun a une émotion dominante qui colore sa vision du monde.
Par exemple :
- Le type 4 vit ses émotions de manière intense et cherche l’authenticité.
- Le type 1 peut contenir la colère sous forme de tension ou de perfectionnisme.
- Le type 9 a tendance à les nier ou les minimiser pour préserver la paix.
- Le type 6 oscille entre peur, doute et loyauté, en quête de sécurité intérieure.
Connaître son type, c’est reconnaître ses automatismes émotionnels, et ouvrir un chemin vers plus de fluidité, d’acceptation et de présence à soi.
🔍 Faire le test de l’ennéagramme
🌱 En conclusion : l’émotion est un message, pas un problème
Les émotions ne sont pas des ennemies à faire taire, mais des indicateurs précieux de nos besoins, de nos limites, de nos désirs profonds.
Les reconnaître, les accueillir, les exprimer avec justesse, c’est retrouver une forme de puissance personnelle et de clarté relationnelle.
Et si, au lieu de dire “Je suis en colère”, on apprenait à dire :
“Je ressens de la colère, et je vais l’écouter pour comprendre ce qu’elle veut me dire.”

